La Nouvelle Tribune

Asile du Colonel Mohamed Bacar au Bénin

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Que cache le silence des autorités béninoises ?
Le Bénin a offert l’asile politique au Colonel Mohamed Bacar, ancien président de l’île d’Anjouan, qui a mis à mal le processus démocratique aux Comores. Outre le silence méprisant des autorités béninoises sur le bien-fondé d’un tel acte, la majorité des Béninois demeure intriguée par le refus de la France de garder sur son sol un tel individu alors qu’elle le refile au Bénin.

Le Bénin est entrain de se forger une malheureuse tradition de ‘’paradis’’ d’anciens rebelles, de hors-la-loi et des citoyens en difficulté avec leur Etat. Ceci est d’autant plus avéré que depuis samedi, Mohamed Bacar, ancien président d’Anjouan, une île de la fédération comorienne en conflit avec son pays et l’Union africaine séjourne au Bénin. Or, avant lui plusieurs ‘’hors-la-loi’’ avaient déjà bénéficié de l’hospitalité béninoise. On peut citer, l’actuel président centrafricain, François Bozizé, le fameux Ibrahim Coulibaly de la Côte d’Ivoire, Goukouny Weddeye ancien rebelle tchadien qui est devenu président par la suite, l’actuel président tchadien  Idriss Déby, des hommes politiques congolais etc. S’il s’agissait seulement d’offrir l’hospitalité à des frères africains, le problème ne se pose pas. La preuve, il existe un nombre incalculable de réfugiés au Bénin. Là où il y a le hic, c’est quand il s’agit d’hommes qui, alors que tous les peuples africains veulent avancer, se donnent volontairement les moyens d’arriérer leur pays. Et le gouvernement  béninois semble cautionner la chose en leur offrant l’asile sans daigner donner d’explication à son peuple, agissant comme s’il pouvait tout faire sur son dos. La mésaventure de Mohamed Bacar, il l’a bien cherchée lui-même. En effet, l’ancien homme fort de l’île anjouanaise a été déchu fin mars par l’armée comorienne et les troupes africaines pour s’être fait réélire illégalement en juin 2007. Il avait trouvé refuge dans l’île française de la Réunion. Malheureusement, il s’est vu refuser  l’asile par la France qui  ne voulait pas garder un personnage aussi encombrant. Et c’est là que beaucoup de Béninois tombent des nues et s’interrogent. Pourquoi la France qui est l’ancien colonisateur des îles Comores et qui a plus de moyens que le Bénin n’a pas cru bon d’offrir l’asile au Colonel Mohamed Bacar ? Pourquoi avoir négocié discrètement avec les autorités béninoises pour qu’elles accueillent le putschiste  qui est réclamé par son pays pour jugement ? A toutes ces questions dont le peuple attend des réponse, il s’enracine davantage l’idée qu’un deal secret aurait été conclu entre les autorités béninoises et françaises. Le  peuple voudrait savoir la contrepartie dont a bénéficié le gouvernement béninois. Sinon, comment expliquer le silence dans lequel ses membres se sont murés depuis que les citoyens les interpellent sur le sujet. Le peuple voudrait également savoir si le l’ancien putschiste doit vivre sur le dos de l’Etat ? Autant de préoccupations auxquelles le Dr Boni Yayi et son gouvernement doivent apporter des éclaircissements.


Benoît Mètonou