La Nouvelle Tribune

5è journée internationale de la démocratie : députés, politiques, société civile débattent autour du dialogue et l’inclusion

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« Dialogue et inclusion : ingrédients essentiels de la démocratie », tel est le thème retenu pour cette 5è édition par l’UIP (Union Interparlementaire). A cet effet et pour débattre du thème retenu, l’Assemblée nationale a choisi d’organiser ce thème sous forme de panels autour duquel le thème a été présenté par les députés Léon Basile Ahossi (UN) et  Sacca Lafia (FCBE) et le président du Haut Commissariat  à la gouvernance concertée, Moise Mensah.

De manière variée, chaque communicateur a essayé de convaincre son auditoire à travers le développement du thème. « Compte tenu des défis que le dialogue cherche à relever, il est simplement un processus distinct de résolution des problèmes sociopolitiques et économiques ne pouvant être résolus de manière adéquate et efficace par une ou plusieurs institutions gouvernementales seulement » dira le premier communicateur Sacca Lafia. Selon sa présentation, l’inclusion est donc particulièrement pertinente dans des contextes dans lesquels un comportement d’exclusion est à l’origine des problèmes sociaux ou politiques à traiter. Dans ce contexte, le processus de dialogue doit servir à faire entendre ceux qui ne participent généralement pas aux principaux processus décisionnels. Aussi, dit-il que dans la culture démocratique, d’une manière ou d’une autre, toutes les institutions assurant la promotion du dialogue révèle cette nécessité de développer les attitudes, compétences, pratiques et expériences contribuant à  la capacité sociale sur laquelle repose la démocratie. L’honorable Léon Ahossi  s’est inscrit quant à lui dans une logique légèrement différente. Dans son développement, il  a essayé de montrer qu’en démocratie, « la loi de la majorité est un moyen d’organiser la vie publique. Aucune majorité, même dans une démocratie n’est fondée à supprimer les droits des minorités ou des individus ». Il est revenu sur ce qui s’est passé au Chant d’Oiseau le vendredi 03 Août 2012 où un groupe organisé de citoyens minoritaires a empêché une certaine classe politique de s’exprimer sur un  sujet d’actualité. Il a évoqué aussi le cas des jeunes qui ont été  interdits de conférence de presse à Abomey le samedi 04 Août 2012. Mais le lundi 06 Août 2012, ajoute-t-il, c’est une autre  jeunesse de la même ville d’Abomey qui a été autorisée à paralyser les rues de la ville par une marche de soutien. « Non, le dialogue ne peut se résumer, ni à une  entrée au gouvernement, ni aux accolades avec le gouvernement » a-t-il martelé. Pour sa part, Moise Mensah s’est évertué à brosser les vertus du dialogue perçu comme l’inclusion de tous ceux qui concourent au développement de la cité

Tous les acteurs s’en préoccupent

 Des débats riches ont été menés à travers la réaction des politiques, des syndicalistes, de la société civile. Le député André Okounlola, a pris l’exemple du dossier d’autorisation de ratification demandée par le gouvernement en son temps afin que les braves femmes aient accès au crédit et qui  a été bloqué par des députés de l’opposition. Ce qu’il qualifie de béninoiserie. Le député Sagui Yoto Justin a quant à lui déclaré que le dialogue politique est incontournable et suppose un sursaut patriotique. Pour lui, il faut s‘écouter et s’accepter. Aussi dans la pratique de notre vie démocratique, il a affirmé qu’il semble qu’il y a un raidissement de position de la part de l’opposition, même parfois de façon agressive. Le représentant de la  Cstb s’interroge sur les conditions du recours au  dialogue, et sur la personne qui peut instaurer le dialogue. Il sera relayé par le représentant de la Csa-Bénin qui déclare que durant les débats, les mots dialogue, inclusion et démocratie reviennent souvent. Pour lui, ses préoccupations n’ont pas été prises en compte par les trois communicateurs. Il a alors insisté sur «  le respect de la parole donnée » car en dialogue,  il faut que l’un appelle forcément l’autre et en temps opportun. Pour certains députés comme Ahinnou Thomas, Emile Tossou, Eric Houndété, Rosine soglo, le dialogue est important et capital. Par contre d’autres députés de la mouvance pensent que la démocratie est «  la dictature de la majorité ».