La Nouvelle Tribune

Boni Yayi à propos de la cherté de la vie

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«Nous sommes une armée dont les munitions sont terminées »
Le gouvernement de la République du Bénin ne peut plus continuer avec sa politique sociale contre la cherté de la vie. Le chef de l’Etat lui-même en a donné hier lundi les raisons au cours d’une séance de travail élargie aux forces vives du pays.Face à l’assaut de la cherté de la vie, le président de la République du Bénin, Boni Yayi demande à son peuple de considérer son gouvernement et lui « comme une armée dont les munitions sont terminées ».  Telle a été hier lundi au centre international des conférences (Cic) de Cotonou, la conclusion du président de la République à l’issue de plusieurs heures d’échanges avec son gouvernement et les forces vives de la Nation. Ces échanges appelés « Consultations nationales ou forum national sur la cherté de la vie » ont permis au gouvernement de présenter la situation économique et financière du Bénin et ses limites.

Ainsi, des trois exposés présentés respectivement par le ministre d’Etat, chargé du développement, Irénée Pascal Koupaki,  l’ancien ministre du commerce, Moudjaïdou Soumanou et le ministre des finances, Soulé Mana Lawani, il ressort que le gouvernement est essoufflé et les caisses de l’Etat ne peuvent plus continuer à supporter  la politique dite sociale d’exonération de taxes applicables à certains produits de grande consommation. Car, « nous avons trop abusé des caisses de l’Etat en faisant du social », a reconnu le président de la République, resté attentif d’un bout à l’autre de la séance. Pour ce faire, « nous devons désormais pratiquer la vérité des prix et permettez chers compatriotes qu’on recommence à percevoir les taxes sur les marchandises ». En revanche certaines mesures sont annoncées aussi bien par le ministre des finances que par le chef de l’Etat. Au nombre de celles-ci, la réduction du train de vie de l’Etat et l’ouverture prochaine dans chacune des 77 communes d’une boutique témoin.

Projet d’abattage du train de vie de l’Etat de 25%
Au cours de son exposé et après avoir fait cas des difficultés de trésorerie auxquelles ont conduit les exonérations fiscales, le ministre des Finances a annoncé son intention de proposer au gouvernement des mesures de réduction du train de vie de l’Etat jusqu’à concurrence de 25%. Pour ce faire, il a annoncé que ses collègues et autres hauts responsables de l’Etat pourraient ne plus avoir droit à d’autres avantages financiers que leur salaire. Ainsi, le gouvernement pourrait décider de ne plus payer des frais de missions à ses membres ou représentants pour leurs déplacements liés à l’exercice de leurs fonctions.

L’absence des partenaires sociaux et politiques
Les centrales syndicales, les députés à l’Assemblée nationale, les partis politiques et mêmes certaines institutions de la République n’ont cru devoir répondre à l’invitation du chef de l’Etat. Ils n’ont donc pas pris part aux discussions sur la cherté de la vie et les nouvelles approches que propose le gouvernement après l’échec de la politique des exonérations fiscales. Cette attitude notamment des centrales syndicales a été  condamnée par la plupart des têtes couronnées et dignitaires venus nombreux à la rencontre d’hier matin. Selon des déclarations qu’ils ont faites à la presse au sortir du forum, ils  estiment dans leur grande majorité que les représentants des travailleurs n’auraient jamais dû pratiquer la politique de la chaise vide. Pour leur part, ils recommandent aux centrales syndicales de ramener la balle à terre et d’accepter de discuter avec le gouvernement sans être trop exigeants des conditions et du cadre dans lesquels ils sont invités. Mais en terme de propositions d’alternative à ce phénomène de vie chère, du roi Tosso de Savalou à son collègue Zéhê d’Agonlin en passant par le roi de la région de Kika près de Parakou, il faut recourir au développement de l’agriculture en empruntant au besoin à la période révolutionnaire l’institution des fermes communautaires placées  sous la supervision des dignitaires.


La fin des grâces électoralistes
Les mesures sociales évaluées à plusieurs milliards de francs cfa dont se désengage aujourd’hui le gouvernement béninois face à l’assaut de la cherté de la vie n’auront que le temps d’une élection. Elles remontent au dernier trimestre de l’année 2007, période où il était difficile pour le régime de poser un acte sans se référer au gain qu’il peut y tirer au titre des élections communales, municipales et locales prévues quelques mois plus tard. Ainsi, la célérité avec laquelle lesdites mesures ont été prises et les grandes et exaltantes campagnes de sensibilisation à travers tout le pays qui s’en sont suivies en disent très long. D’ailleurs les autorités municipales de Cotonou avaient si vite compris les finalités desdites campagnes de sensibilisation qu’elles ont immédiatement apporté les répliques appropriées. Maintenant que les élections sont terminées avec des résultats peu encourageants, il allait de soi qu’une telle suspension des privilèges intervienne. Adieu donc les grâces électoralistes et à décembre 2010.

 

 

Projet d’abattage du train de vie de l’Etat de 25%
Au cours de son exposé et après avoir fait cas des difficultés de trésorerie auxquelles ont conduit les exonérations fiscales, le ministre des Finances a annoncé son intention de proposer au gouvernement des mesures de réduction du train de vie de l’Etat jusqu’à concurrence de 25%. Pour ce faire, il a annoncé que ses collègues et autres hauts responsables de l’Etat pourraient ne plus avoir droit à d’autres avantages financiers que leur salaire. Ainsi, le gouvernement pourrait décider de ne plus payer des frais de missions à ses membres ou représentants pour leurs déplacements liés à l’exercice de leurs fonctions.

L’absence des partenaires sociaux et politiques
Les centrales syndicales, les députés à l’Assemblée nationale, les partis politiques et mêmes certaines institutions de la République n’ont cru devoir répondre à l’invitation du chef de l’Etat. Ils n’ont donc pas pris part aux discussions sur la cherté de la vie et les nouvelles approches que propose le gouvernement après l’échec de la politique des exonérations fiscales. Cette attitude notamment des centrales syndicales a été  condamnée par la plupart des têtes couronnées et dignitaires venus nombreux à la rencontre d’hier matin. Selon des déclarations qu’ils ont faites à la presse au sortir du forum, ils  estiment dans leur grande majorité que les représentants des travailleurs n’auraient jamais dû pratiquer la politique de la chaise vide. Pour leur part, ils recommandent aux centrales syndicales de ramener la balle à terre et d’accepter de discuter avec le gouvernement sans être trop exigeants des conditions et du cadre dans lesquels ils sont invités. Mais en terme de propositions d’alternative à ce phénomène de vie chère, du roi Tosso de Savalou à son collègue Zéhê d’Agonlin en passant par le roi de la région de Kika près de Parakou, il faut recourir au développement de l’agriculture en empruntant au besoin à la période révolutionnaire l’institution des fermes communautaires placées  sous la supervision des dignitaires.


La fin des grâces électoralistes
Les mesures sociales évaluées à plusieurs milliards de francs cfa dont se désengage aujourd’hui le gouvernement béninois face à l’assaut de la cherté de la vie n’auront que le temps d’une élection. Elles remontent au dernier trimestre de l’année 2007, période où il était difficile pour le régime de poser un acte sans se référer au gain qu’il peut y tirer au titre des élections communales, municipales et locales prévues quelques mois plus tard. Ainsi, la célérité avec laquelle lesdites mesures ont été prises et les grandes et exaltantes campagnes de sensibilisation à travers tout le pays qui s’en sont suivies en disent très long. D’ailleurs les autorités municipales de Cotonou avaient si vite compris les finalités desdites campagnes de sensibilisation qu’elles ont immédiatement apporté les répliques appropriées. Maintenant que les élections sont terminées avec des résultats peu encourageants, il allait de soi qu’une telle suspension des privilèges intervienne. Adieu donc les grâces électoralistes et à décembre 2010.
Ludovic D. Guédénon