La Nouvelle Tribune

Affaire port sec de Tori Bossito : Eric Hounguè fait économie de vérité

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Le promoteur du projet de port sec de Tori s’est fendu, lundi dernier, d’un point de presse pour apporter un éclairage sur ce qui a abouti à la corruption au sommet de l’Etat béninois. Mais, Eric Hounguè à laissé tout le monde sur sa faim.

Il a tout dit sauf l’essentiel. Et au sortir de ce point de presse, diffusée hier sur la télévision nationale, on se retrouve encore à se demander comment en est-on arrivé là. Comment a-t-on mis huit mois à étudier une convention? Et pourquoi le promoteur a-t-il senti la nécessité de soudoyer des cadres? En lieu et place de réponses à ses questions, on a eu droit à d’explications vagues et superficielles où Eric Hounguè s’est parfois perdu dans ses idées pour finir par de rien dire de ce qui intéresse réellement le citoyen lambda.

  Et en homme d’affaire bon teint, Eric Hounguè promoteur du projet de port sec de Tori et corrupteur de cadres influents du régime actuel, a essayé de défendre son projet montrant son importance pour la croissance économique du pays. Il a aussi indexé le gain substantiel en infrastructures sociocommunautaires (évalué à 20 milliards) que cela devrait apporter aux populations de Tori Bossito et ses environs. Il a même expliqué que c’est le fruit du travail de toute sa vie qu’il a mis en garantie pour avoir le financement de ce projet. Et qu’en cas de défaillance, qu’il se retrouverait à la rue. Pour ensuite s’interroger sur le nombre de Béninois qui est habité par une telle volonté. Il est peut-être dans son rôle mais les Béninois n’ont pas besoin de ces explications. Car, tout le monde sait qu’il est un homme d’affaire et que dans son domaine personne n’accepte perdre le moindre centime. Il est maître de ses réelles motivations et sait, au vu du profit à tirer, qu’il valait le coup de miser gros. Mais alors, il a dit que le Chef de l’Etat a  fait ce qu’il pouvait dans ce dossier. A croire qu’on peut, dans un pays sérieux, se limiter à des sanctions administratives pour dire que tout est fait dans un dossier de corruption qui ébranle des personnalités, pas des moindres, de l’Etat. Mieux, lui qui a partagé des sous pour qu’on puisse lui signer ce qu’il voulait n’a pas encore été envoyé devant les tribunaux. Car, on lui aurait signé sa convention qu’il n’aurait rien dit à Boni Yayi. Il doit donc, à la nation tout entière, la vérité sur ce qui s’est passé véritablement et combien d’espèces sonnantes il a pu distribuer. C’est sur ce point qu’on veut l’entendre.