La Nouvelle Tribune

Contrôle de la gestion du fonds Fadec : le gouvernement tente de supplanter le parlement

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L’Assemblée nationale, à travers la voix de certains députés, n’a cessé de dénoncer depuis quelques temps la volonté du gouvernement de l’empêcher de contrôler sa gestion. Une mission qui lui est pourtant dévolue aux termes de la constitution du 11 décembre 1990. Un cas d’école, le contrôle de la gestion des fonds Fadec.
Le mois dernier, l’Assemblée nationale, sous l’initiative de l’honorable Nicaise Fagnon, a décidé de mettre sur pied une commission d’enquête pour vérifier la gestion du fond Fadec mis à la disposition des communes pour appuyer leur développement. Ces fonds a été mis en place dans le cadre d’un programme de la Commission nationale des finances locales(Conafil), une structure sous tutelle du ministère de la décentralisation. Cette décision prise par la représentation nationale est motivée par les nombreuses plaintes reçues sur le terrain sur la gestion peu orthodoxe de ce fonds. Selon ces plaintes, certaines mairies ont utilisé ce fonds pour faire autre chose que ce qui est prévu dans le cadre de ces financements. Mais curieusement, quelques jours après la prise de cette décision par l’Assemblée nationale, le ministère de la décentralisation a pris la décision d’envoyer des inspecteurs des affaires administratives et des finances sur le terrain pour auditer en 20 jours toutes les communes concernées. Dès le lundi, les auditeurs du ministère de la décentralisation seront sur le terrain. L’initiative est louable et pouvait ne pas susciter de questionnements si quelques jours auparavant l’Assemblée nationale n’a pas pris la décision d’envoyer une commission d’enquête sur le terrain à ce sujet. En effet, une fois que l’Assemblée nationale ait pris cette décision, le gouvernement pouvait attendre quelle finisse son travail pour des raisons de commodité institutionnelle et pour ne pas donner l’impression qu’on veut empêcher l’Assemblée de contrôler le gouvernement. L’autre chose qui peut surprendre c’est la précipitation  notée dans la mise sur pied de cette mission d’audit. Une telle rapidité peut-elle favoriser un travail efficace sur le terrain ?  Le gouvernement a-t-il quelque chose à cacher en se précipitant pour devancer l’Assemblée nationale ?  Ne pouvait-on pas éviter cela et faire des économies à l’Etat ? Telles sont les questions que se posent maints béninois.