La Nouvelle Tribune

Politique nationale

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Quel avenir pour le G4 ?
Quatre grandes formations politiques ont créé en mars dernier un regroupement communément appelé G4. Connaissant le fonctionnement de la classe politique nationale qui évolue au gré des intérêts, cette alliance n’a pas un lendemain certain. Pourquoi et comment ? L’ennemi de son ennemi est mon ami. C’est qui caractérise dans une certaine mesure le rassemblement du Parti du renouveau démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji, du Parti social démocrate (Psd) de Bruno Amoussou, de la Renaissance du Bénin (Rb) de Nicéphore Soglo et du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep) de Séfou Fagbohoun contre les égarements du pouvoir en place, malgré leurs divergences politiques. A analyser de près, c’est une alliance pour combattre leur ennemi commun, le président Boni Yayi. Cela rappelle les alliances de circonstance contre l’Allemagne Nazzie, lors de la deuxième guerre mondiale. Ce rappel historique peut caricaturer la position du G4 qui présente des signes de cassure, même s’il présente une cohésion apparente. Pourquoi ? Même si le Prd, le Psd, le Madep et la Rb soulèvent les problèmes des menaces sur la démocratie et les libertés à l’ère du président Yayi, il n’est pas exclu que des positions tranchées contre le régime en place sont basées sur des intérêts non satisfaits. Dans ce cadre, les quatre grands n’ont pas forcément la même vision. Les partis de Soglo, Fagbohoun et Amoussou se liguent contre le gouvernement parce que les accords de partage de pouvoir signés au second tour de l’élection présidentielle de 2006 n’ont pas été respectés, au moment où Me Adrien Houngbédji a besoin d’alliés pour conquérir le palais de la Marina en 2011. C’est dire que le chef de l’Etat peut chercher à créer des fissures au sein du G4 en jetant des carottes sur leur chemin. D’ailleurs selon certaines informations, le député François Abiola est en train de trahir son parti pour rejoindre le gouvernement. Il en est de même pour l’honorable Justin Agbodjètin qui roule déjà pour les cauris dans la vallée de l’Ouémé. Il a joué un rôle dans l’élection du candidat-Fcbe, Gérard Adounsiba, au poste de maire d’Adjohoun. Dès lors, le prochain remaniement ministériel est une occasion pour jauger la solidité du G4. Mais visiblement, certains auront du mal à résister à la manne du chef de l’Etat. Tout ceci montre que le G4 n’est pas assis sur des bases solides et à tout moment son implosion peut arriver.

Autres problèmes

Le G4 a d’autres problèmes à la base. La plupart de ses militants ne se retrouvent pas dans les alliances. Par exemple ceux du Prd continuent d’avoir des appréhensions face aux renaissants. Sur le terrain, tout se passe comme si leurs différents partis ne parlent pas le même langage. A Cotonou, la Rb et le Prd ne s’entendent pas dans l’installation des chefs quartiers. Vendredi dernier, il a failli avoir un sanglant affrontement entre eux dans le sixième arrondissement de Cotonou. Des alliances contre nature se font même avec les cauris pour combattre le Prd ou la Rb. Ceci montre déjà que la trahison a commencé. On se rappelle que c’est l’affaire de l’élection du maire d’Abomey-Calavi, Liamidi de Dravo, qui a séparé la Rb du Prd, alors que ces deux partis étaient dans l’opposition contre le régime-kérékou. L’histoire peut se répéter avec le problème de l’installation des chefs quartiers. Alors, des difficultés de cohésion se posent, surtout que le G4 n’aura pas un candidat unique contre Yayi en 2011.
Au vu de ce qui précède, il n’est pas exagéré d’affirmer que le G4 aura du mal à être un véritable poids lourd contre le régime actuel. Les jours  édifieront plus les uns et les autres.

Jules Yaovi MAOUSSI