La Nouvelle Tribune

Karim Rafiatou et autres pensent que «l’heure est grave»

Espace membre

Après les répliques du week-end, Karim Rafiatou et deux autres femmes politiques étaient, hier au Chant d’Oiseau de Cotonou, devant la presse en réaction à la retentissante sortie médiatique de Boni Yayi le 1er août dernier.

Décidément. Le pavé jeté dans la mare par Boni Yayi ne fini pas de susciter des réactions des «petits » (terme employé par le Chef de l’Etat pour qualifier les opposants). Pour l’exercice, il y avait trois femmes de familles politiques différentes mais unies, hier, pour le même et unique combat: celui de la veille citoyenne afin de préserver l’unité et la paix au Bénin. Karim Rafiatou, ancienne militée pour la réélection de Boni Yayi en 2011, Amissétou Affo Djobo ancienne député et membre de l’alliance Abt et Colette Houéto, membre du Prd, ancien ministre et actuelle première adjointe au maire de Porto-Novo, sont montées au créneau pour fustiger énergiquement les propos tenus par Boni Yayi  lors de son entretien avec la presse le 1er août dernier. «Les propos du PR ont terni l’image du Bénin à l’intérieur comme à l’extérieur», s’est fendue Karim Rafiatou alliée critique d’hier. Pour elle, « le Bénin en refondation par les dirigeants actuels va directement dans le mur».
Raisons. Pour se justifier, Karim Rafiatou fait quelques remarques et émet des interrogations dont les réponses « ne méritent pas le silence ». Elle relève le fait que le «pouvoir du président Yayi serait d’origine mystérieuse». Elle estime que le président se trompe de combat, de cible et trouve que ce qui est en cause va au-delà de la personne de Boni Yayi. Ensuite, le «président préfère diviser les citoyens que de les rassembler». Alors qu’il annonce «son intention de rassembler tous les Béninois autour de lui, le chef de l’Etat nous traite nous anciens du Prpb, des survivants d’une espèce en voie de disparition».
Aînés. L’une des récriminations faites hier au président de la République est la manière dont il traite ceux qui l’ont «fabriqués». Lui qui, à Dassa-Zoumé a déclaré aux populations : «c’est vous avez fabriqué le petit Nicaise Fagnon et qu’il est contre vous aujourd’hui au parlement». Pourtant, il traite des gens d’espèces rares alors que le premier responsable de cette espèce, le Général Mathieu Kérékou est son «premier électeur en 2006 », donc  l’a « fabriqué», a déduit Karim Rafiatou. Mieux,  selon cette ancienne ministre et ses compagnons de lutte «Messieurs Talon, Tundé, da Silva, Boko ; Ajavon pour ne citer que ce petit échantillon d’opérateurs économiques ont contribué de façon substantielle » à  l’élection de Boni Yayi en 2006 et en 2011. Mais, aujourd’hui ils n’ont plus trouvé grâce devant le prince. Fortune identique pour les partis des Messieurs Amoussou Bruno, Soglo, Séfou Fagbohoun, Sèhouéto Lazare et bien d’autres. Et que dire, a-t-elle poursuivit, des ressuscités comme elle-même Karim Rafiatou, qui aujourd’hui a trois pieds ou un pied et demi comme le disent ses adversaires politiques, a apporté sa modeste contribution pour le K.O en 2011»? «Quelle attention vous leur portez aujourd’hui si ce n’est des menaces, et des humiliations», a martèlé l’ancien ministre. Avant de conclure en ces termes : «dans nos coutumes, les hommes ont écarté les femmes de la gestion de certains aspects de nos coutumes car on dit que les femmes parlent trop, aujourd’hui nous constatons que c’est le premier des béninois qui est un homme qui parle un peu trop».