La Nouvelle Tribune

Discours d’indépendance du Président de la République : Yayi annonce la poursuite des réformes

Espace membre

Dans le discours qu’il a prononcé ce 31 juillet dans le cadre de la célébration de la fête de l’indépendance, le président  de la République du Bénin,  Boni Yayi a annoncé la poursuite des réformes politiques, économiques et administratives. Compte rendu.

La Refondation de la République va continuer avec la poursuite des réformes entamées et l’initiation de nouvelles réformes. C’est l’une des leçons à tirer du discours du Chef de l’Etat de ce mardi 31 août 2012. Discours (lire l’intégralité en page 4 et 5) prononcé dans le cadre de la célébration du 52ème anniversaire de l’accession à l’indépendance du Bénin. Ainsi, les grandes réformes prévues par le président Yayi, avec le concept de refondation sous lequel il a placé son second mandat, vont se poursuivre. Et ce sur les plan politique, économique, notamment dans le secteur portuaire, et administratif avec  la construction des infrastructures routières. « Fidèle à mon serment de loyauté envers le peuple béninois, je me dois d’appeler notre attention sur le fait que la reprise économique ne se fera que par notre engagement effectif à poursuivre courageusement les réformes engagées et mieux produire afin d’accroître la richesse nationale, seul gage pour surmonter les difficultés conjoncturelles et structurelles et afin d’éradiquer la pauvreté à laquelle notre peuple reste toujours confronté», a déclaré le président Boni Yayi. Sur le plan économique, le Chef de l’Etat a confirmé la tenue du forum économique qu’il a annoncé il y a quelques semaines. Cette table ronde économique permettra, selon ses propos, de mettre en place un cadre de dialogue entre le public et le privé , d’établir le cadre juridique, fiscal, institutionnel et règlementaire du partenariat public-privé et de mettre en place les cadres formels de concertation périodiques et de suivi du partenariat public-privé. Il a  annoncé la poursuite du programme de vérification des importations de nouvelle génération (Pvi-ng). Au plan administratif, une nouvelle institution va bientôt naitre. Il s’agit de l’Agence d’Exécution des Grands Travaux. «En effet, l’expérience a prouvé que nos projets peinent à se concrétiser à cause du manque de célérité du fait de la multiplicité des acteurs, de la lourdeur administrative et de certaines procédures éprouvantes de décaissement de fonds», a justifié Boni Yayi. Qui a aussi déclaré que les projets de statuts régissant les corps paramilitaires ainsi que ceux devant régir désormais les agents de l’Etat et des collectivités territoriales seront finalisés et transmis à l’Assemblée nationale. Au plan politique le Chef de l’Etat a soutenu la poursuite de la réflexion sur la révision de la Constitution, le découpage territorial, le code électoral, l’actualisation de la LEPI, la parité hommes-femmes, la charte et le financement des partis politiques.

Refonder le ministère de l’agriculture

«Pour donner des chances de succès à nos nobles ambitions de développement du secteur agricole, la réforme du ministère de l’agriculture est incontournable et se fera concomitamment avec les actions annoncées», a révélé le chef de l’Etat. Qui est «Conscient que l’agriculture demeure la base de notre développement». Dans les faits, ces «nobles ambitions» se traduiront par la mise en œuvre du plan stratégique de relance de ce secteur qui prévoit la création d’agences spécialisées et la diversification des filières agricoles, la réforme de la filière coton et la résolution des préoccupations récurrentes du secteur. Ce sont  notamment  l’accès au foncier, l’accès à l’eau à travers des barrages à buts multiples, la mécanisation agricole, l’accès aux intrants, la praticabilité des pistes rurales, l’organisation des marchés locaux.

En 2011, des projets rangés aux oubliettes

Dans le discours qu’il a prononcé à la même occasion en 2011, le chef de l’Etat a annoncé des nouveautés qui sont apparemment restées à l’étape d’intention. Le 31 juillet 2011, face à la nation, Boni Yayi avait annoncé plusieurs actions à l’intention de la jeunesse, le dialogue national et le secteur agricole.  Concernant la jeunesse, le président avait parlé  du lancement  du  programme portant institution du corps national des jeunes volontaires pour le développement. Mieux, il avait « décidé d’institutionnaliser le dialogue avec la jeunesse à l’échelon le plus large possible à travers des consultations périodiques et par l’organisation cette année d’un dialogue national avec la jeunesse en vue d’aboutir à l’adoption d’un pacte de la jeunesse autour des principes, des grandes orientations et des axes relatifs à leur avenir.» Dans ce discours du 31 juillet, Boni Yayi avait annoncé la création d’un Conseil National de Dialogue. Ce conseil devrait comprendre « outre le gouvernement, les représentants des partenaires sociaux, de la société civile, du secteur privé, des partis politiques, des confessions religieuses, de la jeunesse, des femmes et d’autres forces vives de la Nation. Seront aussi impliqués à ce forum, et c’est notre souhait, nos chers anciens Chefs d’Etat qui, de par leur expérience, viendront rehausser et enrichir de leur présence les débats», avait-il précisé.  Pour ce qui est du secteur agricole, Boni Yayi avait déclaré : « L’agriculture constitue à n’en point douter un secteur porteur d’espoir et mon gouvernement, en plus des efforts consentis dans le domaine de la mécanisation agricole, de la diversification des filières, de la maîtrise de l’eau, de la transformation et de la conservation de nos produits agricoles a décidé de la création d’agences pour plus d’efficacité et de résultats tangibles. Ainsi, il sera créé notamment une agence de la mécanisation agricole et une autre chargée de l’aménagement des périmètres hydro-agricoles.»
Si les observateurs ont critiqué l’idée de création d’un Conseil National de Dialogue, vue comme une autre institution budgétivore, les autres initiatives annoncées ont été attendues. Mais en vain.