La Nouvelle Tribune

Suite à la rentrée parlementaire hier de Fagbohoun

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Le G4, G13 et Force Clé dénoncent les dérives du ‘’pouvoir Fcbe’’
Le député Séfou Fagbohoun a siégé officiellement à l’hémicycle hier. Il a été installé par le président de l’Assemblée nationale. Après avoir pris place au sein de ses collègues, des déclarations de remerciement ont fusé de toutes parts, aussi bien du président Mathurin Nago que de ses collègues de la 5è législatures. Mais la déclaration qui a retenu le plus l’attention est celui délivrée par le député Ismaël Tidjani Serpos au nom de ses collègues du G4, G13 et Force Clé. Dans cette déclaration, les députés du G4, G13 et de Force Clé ont d’entrée félicité Séfou Fagbohoun pour son courage et sa ténacité. Il a félicité aussi la justice béninoise,les compatriotes civiles et les militaires qui ont contribué à la légalité républicaine.  Le député Serpos n’a pas aussi manqué de dénoncer les dérives du ‘’pouvoir Fcbe’’ de Yayi et les persécutions dont le député Séfou Fagbohoun a été l’objet depuis son  incarcération jusqu’à son évacuation sanitaire à l’extérieur du pays. La non installation des 24 conseils communaux restants n’a pas été occultée par les députés du G4, G13 et Force Clé lors de cette déclaration qui a retenu en haleine pendant quelques minutes toute la plénière. 
 

Déclaration à la tribune à l’occasion du retour de l’honorable député Séfou Fagbohoun au sein du parlement béninois

Monsieur le Président,
Chers Collègues Honorables Députés,
La présente déclaration que j’ai l’honneur et le plaisir de présenter à la tribune de notre Parlement est faite en général au nom de tous les députés démocrates de tout  bord et plus  spécifiquement au nom de tous les Députés appartenant au G4, au G13,et à Force Clé; elle est l’expression de la joie profonde que nous éprouvons de voir notre collègue, l’honorable Député Séfou FAGBOHOUN , nous revenir sain et sauf,et surtout  enfin libre de siéger parmi nous pour exercer la plénitude des attributions et privilèges que lui a conférés sa brillante élection en qualité de Député de la Nation Béninoise.  
Cher Collègue FAGBOHOUN, soyez le bienvenu parmi nous ! Sachez que vous nous avez manqué pendant votre absence forcée du parlement. Votre sens aiguë de l’amitié, votre sagesse,  votre esprit fédérateur, mais surtout la fidélité à votre engagement politique aux côtés de vos électeurs, donc du peuple béninois, nous ont manqué.
L’épreuve que le pouvoir FCBE en place vous a fait subir pendant près de deux ans fait partie  des faits constatés et dénoncés par une frange importante de la classe politique. L’amateurisme politique, les méthodes hasardeuses de gestion et le mépris de la légalité ne peuvent constituer un bon levier pour l’émergence des affaires publiques. En effet, souvenez-vous, chers Collègues des conditions dans lesquelles, s’immisçant Illégalement dans les prérogatives de la justice, le Directeur de Cabinet du Président de la République a fait procéder à l’arrestation de M. FAGBOHOUN.
Souvenez-vous, chers Collègues, de toutes les tentatives d’instrumentalisation de la justice par le Gouvernement, des atteintes graves et inadmissibles à l’indépendance de la magistrature faites au sujet de la détention de notre collègue par des membres du Gouvernement à travers des émissions télévisuelles  où la justice était vouée aux gémonies à la veille d’une décision sur sa mise en liberté éventuelle. Souvenez-vous également, chers collègues, qu’en dépit des dispositions claires  et sans équivoque du code de procédure pénale sur l’effet  non suspensif du pourvoi en cassation du ministère public contre l’arrêt de mise en liberté rendu par la Chambre  d’Accusation  en confirmation d’une ordonnance du juge d’instruction, notre collègue a été maintenu en détention envers et contre toute rigueur juridique jusqu’à ce que la Cour Suprême de notre Pays lui rende enfin sa liberté.
Souvenez-vous enfin, chers collègues, que si le Gouvernement, après avoir laissé se dégradé notablement sa santé ne pouvait lui refuser des soins médicaux à ses frais à l’étranger, il lui a été pourtant refusé son droit à un passeport diplomatique que lui confère son statut de député que personne ne lui dénie, puisqu’il exerce ses attributions même si c’est par procuration.
Ce qui vous est arrivé, Cher Collègue FAGBOHOUN , n’est pas un hasard dans la gestion du pouvoir FCBE ; en effet la violation de la légalité est souvent érigée  en système de gouvernement ; l’autorité de l’Etat clamée par le pouvoir FCBE, ce n’est pas l’autorité de la loi et du droit, c’est l’autorité de l’arbitraire et du bon vouloir  du prince ;  à preuve, le refus  actuel du Gouvernement d’installer 24 des conseils communaux sous des prétextes fallacieux  de troubles à l’ordre public ou de recours devant la juridiction compétente, alors que la loi dispose que les conseils communaux doivent être installés dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats par la CENA. De même toutes les tentatives d’instrumentalisation de la police, de la gendarmerie ou du fisc pour  porter entorse en période électorale ou non à la liberté ou aux activités des citoyens ne soutenant  pas le pouvoir  FCBE participent de ce registre.
Cher collègue FAGBOHOUN, nous saisissons cette occasion solennelle pour vous féliciter pour votre courage politique et pour votre ténacité ; nous comptons beaucoup sur vous pour contribuer à l’enracinement de la démocratie, de la liberté et du droit dans notre patrie commune.       
Nous saisissons la présente occasion  pour adresser un message de soutien à la justice béninoise  dont la rigueur est le gage incontournable de l’instauration de la primauté du droit, socle de la démocratie dans notre pays. Nous saluons également tous nos compatriotes civils, militaires et des forces de sécurité publique qui, par leur engagement professionnel  ont contribué au triomphe de la légalité républicaine.  
Merci de votre attention.