La Nouvelle Tribune

Bénin : "la lettre du continent" parle des éléphants blancs de Yayi

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Dans sa publication de ce 12 juillet 2012, la Lettre du Continent rappelle les  nombreux chantiers « sans lendemain » initiés par le régime Yayi depuis l’arrivée au pouvoir de ce dernier, en 2006.

«Bénin : Boni Yayi, roi des éléphants blancs !». C’est là le titre de la lettre du continent n° 639 du 12 juillet 2012. Ce journal en ligne, réputé pour les informations confidentielles de haut niveau qu’il livre à ses abonnés, est revenu ainsi dans ce numéro sur les chantiers annoncés et entamés par le régime Yayi, sans avoir été démarrés ou achevés. Il s’agit de projets initiés dans les domaines « stratégiques du pétrole et de l’électricité », précise le journal. Qui cite en exemple une  « centrale de 80 Mw, l’acquisition d’une cinquantaine de tracteurs dans le cadre du programme de promotion et de mécanisation agricole (PPma) et l’exploration de gisements de l’Atacora et de l’Alibori » dans le cadre de la recherche de pétrole initié par le régime.  Ce projet de centrale dont parle la Lettre du continent n’est rien d’autre que la centrale électrique de Maria Gléta. Elle devrait « théoriquement combler le déficit de la Communauté électrique du Bénin (Ceb) qui oblige le pays à importer de l’énergie », rappelle la lettre. Elle renseigne, par ailleurs, que le projet initié en 2008 et confié à la société californienne CAI devait s’étaler sur 18 mois. Mais il n’est toujours pas livré. Et l’échec dans l’achèvement de la  mise en place de cette infrastructure énergétique est de «20 milliards de Fcfa ». Pour rappel, le cout global du projet est de 40 milliards de Fcfa.

Le rêve d’une révolution verte

La question d’acquisition d’une cinquantaine de tracteurs dans le cadre du programme de promotion et de mécanisation agricole (PPma) est plus connu au Bénin sous l’appellation «affaire machines agricoles». Dans les détails, il s’agit d’une cinquantaine de motoculteurs achetés en Inde il y a quelques années pour la matérialisation de la vision du Chef de l’Etat de mécaniser l’agriculture béninoise. Une mécanisation qui devrait servir à la « révolution verte prônée » par le Chef de l’Etat. Le projet était coordonné par André Okounlola, un proche du chef de l’Etat, élu député lors des élections législatives d’Avril 2011. Une commission d’enquête parlementaire dirigée par Janvier Yahouédéhou (député à l’époque) avait été mise sur pied pour faire toute la lumière sur cette affaire. Yahouédéhou, membre de la famille politique de Yayi a, entre-temps, rejoint le camp d’Abdoulaye Bio Tchané, challenger de Yayi à la présidentielle de mars 2011. Concernant ce dossier, Il a fait des dénonciations en vain. La lettre du continent rappelle que la facturation de l’achat de ces machines est de 18 milliards de Fcfa. « Mais les engins ne fonctionnent toujours pas faute de pièce de rechange. La société canadienne Giro-Trac qui les a livré n’a jamais prévu d’effectuer des maintenance », révèle le courrier.

Du pétrole en vain

Le dernier éléphant blanc du régime Yayi rappelé par la Lettre du continent n° 639 du 12 juillet 2012 concerne le projet de recherche pétrolifère. Le courrier raconte qu’en février 2010, Boni Yayi a dépêché son ministre du pétrol de l’époque, pour annoncer à la télévision l’entrée du Bénin dans le club des pays pétroliers.  Mais les béninois n’on jamais vu une goutte d’huile ». Il ajoute qu’ «un accord avait été signé entre la compagnie béninoise d’hydrocarbures (Cbh) et plusieurs majors pour l’exploration des gisements de l’Atacora et de l’Alibori. Ces gisements, apprend-on, on été  identifiés en 2033 par le consortium KMBC, Petronas et Cosmos. « Mais la qualité médiocre du brut, révèle le courrier, n’a pas convaincu les compagnies de poursuivre les recherches. D’autres operateurs ont été approchés, notamment la China National Oil & Gas Exploration and Development Corp (Cnodc). » En vain, conclut le journal.

A propos de la centrale électrique

Votre quotidien, La Nouvelle Tribune avait publié en avril dernier un article sur la situation de la centrale électrique de Maria Gléta. L’article était titré « Centrale électrique de Maria Gléta : un éléphant blanc en gestation ». L’article signé Marcel Zoumènou  est une investigation dans laquelle, les raisons du sort incertain du projet ont été évoquées.  Pour rappel, au total, huit turbines devraient être installées dans cette centrale. Celles-ci doivent transformer en énergie électrique le gaz naturel transporté depuis le Nigéria grâce au projet Gazoduc de l’Afrique de l’ouest. Et les problèmes dont souffre le projet sont d’ordre technique et administratif. Selon en effet des témoignages recueillis lors de la collecte des info, les essais effectués ont permis de constater que seulement six des huit turbines à gaz devant servir à la mise en place de la centrale fonctionnaient normalement. Les deux autres présentent d’énormes défaillances techniques et la  maintenance de ces turbines s’annonce difficile à cause de la vétusté de la technologie de ces engins. Des sources ont révélé que la Communauté électrique du Bénin(Ceb) qui devait recevoir cette énergie électrique produite par la centrale a exigé d’elle une assurance. Celle-ci permettra de couvrir les risques liés à l’entrée de cette énergie dans son portefeuille énergétique. Il peut y avoir des risques d’hypertension et de destruction des installations de la communauté. Mais aucune firme d’assurance au Bénin ne s’est montrée intéressée par ce dossier. Raison évoquée,  aucune d’elles ne développe d’assurance sur ces genres d’activités ou de domaines sans oublier le coût très élevé d’une telle assurance. Pis, la gestion de cette centrale est encore une un autre problème. Quelle structure pourra gérer cette centrale vu que la Ceb, la seule au Bénin qui a la capacité technique de gérer une telle infrastructure est la Ceb. Pourtant elle est une société bi étatique (Bénin –Togo) alors que la centrale est financée à base des ressources de l’Etat béninois seul. Le coût global du projet est de 40 milliards de Fcfa. Il devrait avoir pris fin, a-t-on appris le 1er octobre 2011.