La Nouvelle Tribune

Privatisation de Bénin Télécoms : entre violation de loi et zèle

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Le gouvernement s’acharne à privatiser Bénin-Télécom et cela, en violation flagrante de l’article 7 et suivant de la loi 92-23 du 06 Août 1992 sur la dénationalisation des entreprises publiques.

Le gouvernement du Bénin enclenche de nouveau la procédure de privatisation de Bénin Télécom Sa en violation de la loi sur la dénationalisation qui proscrit la privatisation des entreprises d’Etat constituant un secteur stratégique pour le pays. Bénin Télécom Sa est le réseau national de communication du pays. En tant que tel, cette société constitue une entité stratégique pour le Bénin. Le serveur central du réseau national de communication est logé à Bénin Télécom et constitue un patrimoine précieux pour le pays.

Au plan commercial, la communication constitue un  potentiel économique très important pour le pays à cette époque. Ainsi, c’est à travers le réseau national que les structures privées de Gsm, de cyber ont leur fourniture de réseau. De même, c’est l’Etat qui fournit les antennes aux promoteurs de radio. Et pour que l’Etat se serve de fournisseur principal, il faut bien qu’il dispose d’une structure centrale de réseau. Et c’est ce rôle que joue à ce jour Bénin Télécom.

Il est de même difficile d’imaginer la privatisation de cette société en ce qu’elle n’est jamais déclarée déficitaire. En effet, c’est le déficit dans la gestion de certaines entreprises qui conduit à leur privatisation. Sur ce, on ignore la raison fondamentale pour laquelle le gouvernement s’acharne à privatiser Bénin Télécom. Tous les grands pays disposent de leur organisation nationale de communication. On entend parler de France Télécom, de Maroc Télécoms et autres. Pour quelle cause le gouvernement béninois veut remettre son réseau de communication à d’autres Etats? Au-delà des considérations politiques, Bénin Télécom regorge le patrimoine national susceptible de conservation dans le giron de l’Etat. Notamment, les câbles marins, le téléphone filière, les cadres formés au frais de l’Etat pour prendre soin de la communication nationale et des infrastructures installées partout sur le territoire nationale. Ce qui a dans son ensemble,  besoin d’être protégé.

Si le gouvernement veut privatiser Libercom parce que cette structure est engagée dans un secteur concurrentiel, qu’il soit détaché de Bénin Télécom. La privatisation de ce réseau lui permettra d’ailleurs de corriger les tares qu’il traîne depuis des lustres au détriment de ses abonnés. L’Etat béninois devrait changer de statut à Libercom et lui permettre même de renouveler son équipement sans prendre par le marché public.  Il urge de faire dans ce dossier, la part des choses en dissociant le statut de  Bénin Télécoms de celui de Libercom.