La Nouvelle Tribune

Révision de la Constitution : Noudjênoumê en appelle à l’élaboration d’une nouvelle Constitution pour le peuple

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Alors que le débat et la fièvre de la révision de la Constitution commencent à s’estomper avec le retrait provisoire du texte par le président Boni Yayi, le professeur Philippe Noudjênoumè du Parti communiste du Bénin (Pcb) sort de son mutisme. 

Au cours d’une conférence publique donnée hier à l’Institut biomédical avancé de Cotonou (Isba), il dénonce une révision qui se fait sur le dos du peuple.
« Peuple, ne laissez pas les experts parler en vos noms». C’est par cet appel que le professeur Philippe Noudjênoumê, premier secrétaire du Parti communiste du Bénin (Pcb) a conclu sa conférence à l’Isba. Mais si la conclusion est sans équivoque, le contenu de la communication l’est moins. «Il s’agit de rejeter tout autant une révision synonyme de régression autocratique qu’un rejet de révision, synonyme de stagnation, du maintien de la base juridique de l’épanouissement de la dictature et de la corruption généralisée», avertit le conférencier. Et pourquoi rejette-t-il la révision telle qu’elle est conduite actuellement? Le professeur trouve d’abord que l’on ne peut accorder une crédibilité aux déclarations d’un président qui n’est jamais responsable de rien et qui rejette tout ce qui se passe sur les autres?». L’autre chose qui écœure le conférencier c’est le fait que cette révision devienne l’affaire des seuls juristes qui ravissent la vedette au peuple. Selon lui, «pour élaborer une Constitution, on doit consulter d’abord les forces sociales et non les experts». En principe, ajoute-t-il, une Constitution est la traduction sur le terrain du droit des rapports entre les forces sociales et c’est une fois ces rapports établis qu’on appelle les experts pour les transcrire sous formes de dispositions constitutionnelles. Il dénonce aussi le fait que ceux qui parlent sont souvent des représentants attitrés par la puissance coloniale. C’est ce qui fait que nos Constitutions sont «des habillages inadaptés à nos sociétés». Il ajoute que « la Constitution actuelle est mauvaise pour notre pays, parce que inadaptée, une Constitution étrangère à notre société et imposée à notre peuple et qu’il faut non seulement réviser, mais même la changer. Au regard de tout ce qui est développé, il apparaît clairement qu’il ne s’agit pas seulement de réviser une telle Constitution qui ne regarde que «les avancées constitutionnelles» dans le monde en oubliant ses propres soubassements sociologiques. Il faut une Constitution qui engage toutes les forces sociales de ce pays dans un dynamisme intégrateur de nos valeurs propres et des acquis des autres». C’est pourquoi, il appelle à l’élaboration d’une vraie Constitution, celle du peuple.