La Nouvelle Tribune

«Corriger la Lépi aujourd’hui consisterait à faire une parodie de correction», dixit Yahouédéhou

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«Je m’étais battu pratiquement tout seul. J’avais vu presque tous les chefs de parti politique chez eux et personne ne m’a écouté.  Corriger La Lépi aujourd’hui consisterait à faire une gymnastique qui ne serait une parodie de correction parce que pour réussir la correction de la Lépi, il faut repartir à la cartographie censitaire. Tout a été bâclé depuis le début. 

Rappelez vous que ces agents chargés de prendre les noms étaient préoccupés par leurs per dieum. Alourdis, ils s’en vont dormir sous les manguiers. Et rappelez-vous, des maisons habitées recueillait leur fameux code rx quelque chose qui signifie ‘’il n’y a personne dans cette maison’’. Et lorsque vous quittez Cotonou pour Abomey par exemple, vous parcourez des villages et vous voyez partout rx, rx, rx, alors qu’il y a des hommes qui vivent là. Résultat, Cotonou qui comptait environs 900.000 âmes à l’époque est passé à peine à 400.000 habitants. On pourrait se dire qu’il y a eu dérogation de Cotonou vers Abomey-Calavi. Curieusement, ceux qui ont disparu de Cotonou se sont retrouvés chez le professeur N’diaye. Ce n’est pas possible. Je peux vous certifier qu’il y a plus de monde à Boukoumbé qu’à Bohicon. Et on veut corriger cette Lépi de quelle manière. Parce que voyez-vous, des Cotonois du 13ème arrondissement se sont retrouvés à Akpakpa. Comme c’est Cotonou, c’est un peu plus facile car la personne peut prendre zémidjan pour aller voter à Akpakpa. Mais lorsque le problème se pose par exemple à Zangnanado où les habitants de Gbovi retrouvent leur nom à Gbanamè à 15 kilomètres plus loin, avec les mêmes moyens que nous avons, comment voulez-vous qu’ils aillent voter. La catastrophe viendra avec les élections communales. Comme pour les élections présidentielles et législatives les candidats ont pu faire déplacer leurs électeurs sur les lieux de vote, après les voix recueillies, dans les communes, le candidat se retrouve dans la même circonscription électorale. Mais la circonscription électorale aujourd’hui est ramenée à l’arrondissement. Donc quelqu’un qui a son nom dans l’arrondissement B alors que son candidat préféré est dans celui de A ne peut pas voter pour lui. L’urgence des urgences au moins c’est à ce niveau là. Mais ça ne corrige pas les 1 millions 500 mille Béninois qu’on n’a pas pu recenser. Ça ne corrige pas les plus de 1 millions de Béninois qui ont disparu. Quand je dis disparu, ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas été recensés, mais parce que leur nom s’est retrouvé dans une autre commune. Donc quand on dit corriger cette Lépi, c’est faire semblant de la corriger. Et si on veut vraiment le faire, on est parti pour dépenser encore 20 milliards. »

Réalisation: Léonce Gamaï
Transcris par Ben-Saïd Adjiboyrihan& Camille A. Segnigbindé