La Nouvelle Tribune

L’Un, la fin du «stand by»

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Après plusieurs mois de léthargie, l'Union fait la nation, la plus grande alliance politique de l'opposition au Bénin, semble avoir retrouvé du tonus.

Lundi 14 mai 2012.Une partie de la presse publie, dans sa production du jour, la lettre de déclaration officielle d'appartenance à l'opposition adressée par l'Union fait la nation (l'Un) au ministre de l'intérieur, et ce conformément aux législations en vigueur dans au Bénin. Cet acte, très peu commenté dans l'opinion- simplement parce que l'actualité en ce moment est quasiment dominée par les dossiers Pvi et coton- est pour certains observateurs une marque du réveil d'une alliance politique restée quasiment amorphe depuis la cinglante et inattendue défaite qu'elle a essuyée lors du double scrutin présidentiel et législatif de mars/avril 2011. En effet, après les élections présidentielle et législatives de l'an dernier, la vie de l'Union fait la nation a été marquée par le départ en cascade de certaines de ses forces politiques pour la mouvance et son inactivité. Le départ qui a marqué les esprits est celui de la Renaissance du Bénin (Rb). Un départ dont la manière avait suscité une crise entre la Rb et les autres forces de l'alliance. Il s'en est suivi celui de certaines figures de proue comme, Cyriaque Domingo, Dansou Dossa, Edmond Agoua. Une période d'un an marqué par le mutisme de l'alliance sur des questions de préoccupation majeure aussi bien sur le plan politique que sur les plans social et économique.

Réveil

Depuis quelques mois, l'Union fait la nation semble avoir retrouvé ses repères. Et sa déclaration officielle d'appartenance à l'opposition, qui vient lui donner plus de légitimité, est partie intégrante d'une série d'actions qui emmènent à cette déduction. Il y a, à peine deux semaines, soit le 10 mai dernier, à l'Assemblée nationale, le groupe parlementaire Un a fait une importante déclaration sur la correction de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). C'était par la voie de son président, Idji Kolawolé. Il avait fait des propositions « concrètes » pour la correction de ce fichier électorale utilisé lors des élections de 2011. Et c'est sur initiative de l'Un que les présidents des groupes parlementaires de toutes les tendances politiques présentes au parlement et les présidents des commissions permanentes devront se retrouver incessamment pour se pencher sur la question de la Lépi. En plus de sa déclaration au parlement, Kolawolé avait fait une sortie sur la télévision nationale le vendredi 11 mai 2012.

Plus loin, on se rappelle, il y a quelques mois, la sortie médiatique, apparemment révélatrice, de Lazare Sèhouéto, actuel coordonnateur de l'Un, sur la situation dans la filière coton. On peut également mentionner, dans la même veine, l'entretien de Bruno Amoussou sur la télévision nationale. Une première depuis l'élection présidentielle. Cet entretien a été l'occasion pour Amoussou, en qualité d'opposant véritable, de critiquer la conduite de la nation par le régime Yayi. Il avait critiqué, avec propositions à l'appui, la manière dont le gouvernement a géré le dossier de la grève des enseignants. Il avait aussi affirmé l'opposition de l'Un à la révision de la Constitution par un processus qui n'inclut pas un large débat national. Toujours dans la même dynamique, la gouvernance Yayi, notamment économique, n'avait pas échappé au fouet président de l'Un. Et à l'issue de sa convention de fin avril dernier, les responsables de l'Un ont mis, en dépit des controverses, en chantier le projet de transformation l'alliance à un parti politique.

Encore plus

A certains niveaux, les observateurs sont restés sur leur faim. La position de l'opposition, avec à la clé des propositions concrètes, est attendue sur la question des réformes portuaires, notamment la polémique autour du Programme de vérification des importations de nouvelle génération (Pvi-ng) qui agite l'opinion. Un dossier constituant une préoccupation majeure pour le Béninois lambda dont le pouvoir d'achat ne cesse de s'éroder avec la cherté grandissante de la vie, selon des spécialistes. Cela y va de la santé de la démocratie béninoise et du développement du pays.