La Nouvelle Tribune

Interdiction d’organiser des marches de protestations

Espace membre

Le gouvernement fait deux poids, deux mesures
Alors que les militants de certains partis politiques annoncent leur intention de manifester pour réclamer l’installation des conseils communaux de leur localité, le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Félix Hêssou et son homologue en charge de la décentralisation, Issa Démonlé Moko, sortent conjointement un communiqué pour proscrire la chose. Une décision qui montre la partialité du gouvernement à appliquer les lois de la république.

Les  marches de protestation et autres manifestations sont interdites sur le territoire béninois jusqu’à nouvel ordre. C’est ce qui ressort du communiqué conjoint des ministres Hêssou et Démolé Moko. Cette décision survient à un moment où certains militants de partis politiques qui ne sont pas en odeur de sainteté avec le gouvernement du Dr Boni Yayi projettent de manifester contre la non installation des conseils communaux de leurs localités deux mois après la proclamation des résultats des élections municipales et locales. Mais c’est à ce moment précis que le gouvernement leur dénie le droit de manifester. Ceci attire l’attention surtout parce que, la situation d’illégalité  dans laquelle est plongée plus d’une vingtaine de communes est dans une large proportion l’œuvre des militants et partisans des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) proche du Dr Boni Yayi.  En son temps, le gouvernement n’avait rien fait pour empêcher ces hors-la-loi de mettre en péril le processus de décentralisation en péril. Bien au contraire, des faits montrent que ces manifestations n’étaient aucunement spontanées et dépendantes de la volonté même des populations. Ces manifestants avaient dans leur furie téléguidée, barricadé des voies publiques, saccagé des bâtiments d’intérêt public, attenté à la vie de certains de leurs concitoyens, sans que le gouvernement ait pu les en empêcher. Subitement, alors que des militants d’autres  bords politiques annoncent leurs intentions  de descendre dans les rues, le gouvernement prend des mesures. Si ce n’est pas la politique du deux poids, deux mesures, cela y ressemble fort.  A  cette allure,  les  Béninois  pourront-ils  continuer  à faire confiance à leurs gouvernants ?.

Benoît Mètonou