La Nouvelle Tribune

Après la sortie jeudi dernier de l’opposition

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Yayi dans le dilemme
Alors que les supputations faisaient état d'une participation des membres du G4, du G13 et des Forces clé à son prochain gouvernement, ceux-ci sont sortis jeudi dernier de leur mutisme pour infirmer la chose et poser une nouvelle fois leurs conditions. Du coup,  le Chef de l'Etat se retrouve à la croisée des chemins. Faut-il faire profil bas et composer avec les opposants ou Continuer seul avec tous les risques possibles?

La voie du dialogue s'est davantage amenuisée entre le pouvoir en place et le groupe des " opposants ". Le bout du tunnel qu'on croyait proche pour Boni Yayi dans la formation de son prochain gouvernement élargi à la vieille classe et alliés s'est encore éloigné. La sortie jeudi dernier du G4, le G13 et  Force Clé, n'était pas pour arranger les choses. Ces derniers, ont une nouvelle fois, critiqué la gestion du président Boni Yayi qui d'après leur déclaration, est caractérisée par le double langage, la désinformation, l'incivisme, le non respect de la Constitution et lois de la République. Ils estiment  qu'il est pour leur part important d'aller à un débat publique sur la gouvernance du pays et rechercher ensemble des solutions idoines aux nombreux défis qui se posent aux Béninois, au lieu de se partager les postes ministériels et se taire. Voilà un message qui est assez clair pour le Dr Boni Yayi. Les opposants ne veulent pas participer à un gouvernement pour la simple forme. Dès lors, il s'offre au chef de l'Etat deux options, l'une aussi risquée que l'autre.

Composer et s'offrir en  otage

La première de ces options est que le président Boni Yayi range son orgueil, son amour propre et fasse siennes les remarques, les critiques ainsi que les conditions  du G4, G13 et Force Clé. Ce faisant, il intègre dans son équipe des membres de ces regroupements politiques afin qu'avec leur concours, il puisse redresser la barre et corriger le tir. Le risque dans cette option est que le président Boni Yayi, en allant vers ces forces politiques , renforce davantage leur position  sur l'échiquier politique national à l'heure actuelle. Ces derniers, conscients de ce fait, ne vont sûrement pas se priver de dicter leurs lois au président Boni Yayi qui se verra ainsi à leur merci. Plus grave, rien ne lui garantit que le G4, le G13 et les Forces Clé vont lui renouveler leur soutien en mars 2011. Par contre, ces regroupements en acceptant aussi d'aller à un gouvernement d'ouverture suite à un mea culpa du président Boni Yayi, courent le risque de se voir une nouvelle fois confrontées à des promesses non-tenues.  

Faire cavalier seul mais à ses risques et périls

L'autre revers de la médaille, est que le président Boni Yayi fasse la sourde oreille, monte sur ses ergots et refuse d'associer à la gestion du pays les forces politiques opposées. Il devra donc tout faire pour reconquérir les populations qui n'ont pas hésité à sanctionner sa politique lors des élections municipales et locales de mars dernier quoique disent certains. Cela passe par la résorption  de la crise alimentaire et autres difficultés dénoncées par les syndicats et la classe politique. Ce la passe bien évidemment par la prise compte des imperfections dénoncées dans la manière de gérer le pays depuis deux ans. En choisissant cette option, le chef de l'Etat devra batailler très dure pour reconquérir la confiance et l'estime presque perdues des Béninois depuis quelque temps. Cela suppose également qu'il s'apprête à faire face en 2011 à une forte coalition, celle-là même dont le soutien lui valu son élection en 2006
Le revers de cette option réside en ce que le président en voulant faire tout seul le printemps, se retrouve davantage en minorité et qu'il n'arrive pas à combler l'attente de ses concitoyens. De l'autre côté, il part éclopé pour les joutes électorales de mars 2011. Car, ceux qui se retournent contre lui aujourd'hui, lui avaient apporté 40%  des suffrages en 2006. Mieux, il aura désormais plus de mal à faire passer ses projets de lois à l'Assemblée Nationale, où il ne dispose plus de la majorité.   Or sans loi, sans ratification, il ne peut efficacement gérer le pays à moins de recourir aux ordonnances.

Benoît Mètonou