La Nouvelle Tribune

Prochaine augmentation du prix du ciment

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Le gouvernement prépare l’opinion
L’augmentation du  prix du ciment ne va plus tarder à s’opérer. Et comme à son habitude, le gouvernement essaye déjà de préparer  psychologiquement les Béninois pour leur faire avaler la couleuvre. En témoigne  l’émission occasionnelle faite à ce propos vendredi dernier sur la chaîne de télévision nationale (Ortb).

Pendant que les populations plient sous le poids de la cherté de la vie, le gouvernement béninois veut se rendre complice des sociétés cimentières. Pour ce faire, il lui faut conditionner le peuple à tous prix à accepter la hausse du prix qui s’annonce imminente. Vendredi dernier, Soumanou Moudjaïdou, conseiller technique du Chef de l’Etat à l’industrie et ancien ministre du même département, en compagnie d’autres invités, est intervenu sur la question sans toutefois annoncer le prochain prix. Mais, les Béninois n’étant pas dupes, n’ont rien trouvé de nouveau à ce que les invités de Mme Annick Balley ont dit sur le plateau de la télévision nationale. Tant c’était du déjà vu. En effet, la tactique des sociétés cimentières n’est plus nouvelle aux yeux des Béninois. Ils savent désormais le procéder de ces entreprises dès qu’elles décident d’augmenter le prix de leur produit. D’abord, elles commencent par faire circuler la rumeur sur les difficultés qu’elles ont à s’approvisionner en matières premières, ensuite c’est une pénurie artificielle qui est organisée et entretenue. Le pouvoir finit par céder au chantage, la réaction populaire aidant, et décide de la hausse des prix. C’est le même scénario qui est déroulé dans le cadre de ce dossier de ciment. Le  gouvernement du changement, comme on pouvait s’y attendre, s’est déjà rendu complice de la volonté de ces sociétés. Il va annoncer dans les prochains jours le nouveau prix. N’ayant pu sauvegarder les intérêts du peuple, il finit par cautionner l’arnaque des certaines sociétés.

La complicité des associations de défense des consommateurs

Alors que la cherté de la vie dicte sa loi aux Béninois depuis des mois, les supposées associations de défenses des consommateurs sont inexistantes. A l’heure où le gouvernement s’apprête à augmenter le prix du ciment, on aurait dû les voir monter au créneau, protestant avec force et prenant fait et cause pour les consommateurs. Mais, la légendaire passivité qui les a toujours caractérisés  n’autorise pas que l’on espère d’elle une telle prouesse. Elles ne piperont mot. Et si elles en venaient à le faire par pudeur, ce serait du bout des lèvres. Sinon, il y très longtemps qu’elle l’auraient fait. En effet ce n’est pas d’hier que les populations déplorent la cherté de la vie ; et on n’a pas à l’esprit de réaction vigoureuse de leur part. Mais, on peut comprendre aisément la situation quand on sait que ces messieurs qui s’arrogent le droit de défendre les intérêts des consommateurs  se retrouvent dans des conseils d’administration, ou se font élire conseillers et maires. De là, à croire qu’ils se servent de ces associations  comme tremplin pour parvenir à leurs fins, il n’y a qu’un pas qu’on n’ose pas encore franchir. Osons le dire, les associations de défense des consommateurs du Bénin sont des vassaux de l’Etat. Lorsque l’on jette un regard sur leurs  parcours, on recherche en vain des  résultats  à mettre à leur actif. Leur principal acquis a été la  bataille sans merci  qu’elles se sont livrées pour obtenir des subventions de l’Etat et se les partager. Finalement ces mannes de l’Etat restent malheureusement  leur raison d’être.

Benoît Mètonou