La Nouvelle Tribune

Lutte contre les stupéfiants

Espace membre

La nécessité d’aller au-delà des discours et des manifestations pompeuses
La journée internationale de lutte contre les stupéfiants vient une nouvelle fois d’être célébrée pour la trente et unième fois ce 26 juin. A cette occasion, le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Le général Félix Tissou Hêssou, a délivré son discours dans lequel il a beaucoup conscientisé la jeunesse qu’il exhorte à se méfier des stupéfiants.

  Il a par ailleurs fait le point des exploits des forces de l’ordre quant à la saisine de plusieurs kilogrammes des divers types de drogue. Au-delà de tous ces discours et ces bilans d’autosatisfaction, il importe d’innover et d’attaquer véritablement le mal. Le gouvernement doit aujourd’hui faire le point sur la manière dont cette lutte est menée depuis une trentaine d’années et se demander si la méthode de lutte n’a pas besoin d’être orientée autrement. C’est vrai que par moment, les policiers  font des descentes dans les repères des égarés qui fument copieusement ces stupéfiants. Une fois ces hors-la-loi appréhendés, que deviennent-ils ? Ils font tout au plus  trois mois d’emprisonnement et sont relâchés dans la nature. Alors que l’Etat pouvait faire mieux. Dans un Etat qui se veut sérieux et dont les dirigeants  se soucient de l’avenir de la jeunesse par ricochet celui du pays, ce n’est pas de cette manière qu’une pareille lutte se mène. Ces jeunes qui s’adonnent à cette pratique malsaine sont surtout ceux qui sont désoeuvrés. Alors, une fois qu’ils sont arrêtés, le gouvernement devrait pouvoir les insérer dans des programmes de formation pour qu’une fois libérés, ils puissent avoir de quoi s’occuper. Mais en réalité, il n’y a rien de tout cela dans les établissements pénitenciers béninois. Ce qui fait que les accrocs à la drogue baignant dans l’illusion qu’ils peuvent noyer ainsi leurs problèmes et autres complexes, persistent dans sa prise.  Il va falloir donc réfléchir à ces programmes d’insertions sociales si on veut réellement donner une chance à cette jeunesse en déperdition. Dans cette lutte contre la drogue, les responsables semblent surtout négliger le maillon le plus important qu’est les fournisseurs. S’il est vrai que dans certaines régions du Bénin, qui ne sont pas inconnues aux policiers, certains s’adonnent à la culture du pavot, il faut reconnaître qu’il n’est pas possible de le transformer sur place. Selon des sources proches du ghetto, le produit fini vient de l’extérieur.  Ce qui implique que la drogue entre au Bénin par les frontières qu’elles soient terrestres, maritimes ou aériennes. Et pourtant, il y a des agents de douanes sur ces points stratégiques du territoire national. Il est donc question de redoubler de vigilance. Selon les spécialistes de la question, la source même de la consommation de la drogue par certains jeunes est la prise de la cigarette par ces derniers. A ce niveau, beaucoup de Béninois observent que l’Etat en est le responsable. Car, disent-ils, c’est le gouvernement qui octroie des licences aux fabricants du tabac et permettent sa commercialisation. « S’il veut éradiquer la drogue, il n’a qu’à commencer par supprimer la commercialisation du tabac » insistent un enseignant. Le gouvernement a donc encore du pain sur la planche dans ce domaines.

Benoît Mètonou