La Nouvelle Tribune

«Dans une démocratie, l’armée doit être canalisée», dixit Moïse Lalèyè

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Le rôle de l’armée dans le contexte démocratique en Afrique a été l’une des questions centrales abordées dans la soirée d’hier sur l’émission ‘’sens interdit’’ de la chaine de télévision privée, Canal3 Bénin. Moïse Lalèyè,  Fructueux Gbaguidi et Dieu Donné Houéssou, respectivement, professeur de droit public à l’Université d’Abomey Calavi, directeur de l’école des sous officiers de Toffo et Secrétaire Exécutif de l’Ong ‘’Social Watch’’ étaient les différentes personnalités invitées à se prononcer sur le thème: «Armée et Démocratie en Afrique». A ce sujet, les intervenants sont restés unanimes à penser que l’armée doit être canalisée dans le rôle qui est le sien en matière de sécurité.

Le professeur Moïse Lalèyè et le Secrétaire exécutif de Social Watch estiment que dans un système démocratique, l’armée doit être fixée dans le cadre qui lui est tracé et éviter d’être fortement impliquée dans les questions politiques. D’après le professeur Lalèyè, les différents coups d’Etat qui s’observent dans les pays Africains, se justifient par les discriminations, l’inégalité dans la répartition des richesses et la mauvaise gouvernance. Ainsi, les frustrations s’installent et les seuls détenteurs des armes  se révoltent.  Ces avis ont été nuancés par le lieutenant Colonel Fructueux Gbaguidi, qui pense qu’il ne faut toujours pas diaboliser l’armée. D’après  lui, les forces de l’ordre sont réparties en trois différentes catégories à savoir la police, la gendarmerie et l’armée, suffisamment outillée pour le maintien de l’ordre. Il précise que les derniers interviennent en cas de force majeure, c’est-à-dire, lorsque les premier et deuxième sont débordées. Toutefois, selon lui, les agents de la force armée ne doivent  pas être  considérés comme des bruts toujours dans une dynamique de confrontation et de répression vis-à-vis des populations. Ils doivent plutôt être perçus comme les premiers partenaires des civils pour mieux garantir leur sécurité. «Des journées seront organisées à cet effet, pour mieux faire découvrir leurs activités et les rapprocher davantage des populations», a-t-il précisé.