La Nouvelle Tribune

Réaménagement technique : Boni Yayi veut désorganiser la cohésion de l’équipe

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(5 ministres des finances en 6 ans) De sources concordantes, le Chef de l’Etat s’apprêterait à procéder à un remaniement technique. Trois ministères seraient concernés. Déjà, maintes personnes s’interrogent sur l’opportunité de ce remaniement ministériel, moins d’un an après le dernier, qui est percu comme pour ralentir l’efficacité et la cohésion gouvernementales.

Sauf cataclysme, le Chef de l’Etat procédera ce jour à un réaménagement technique de son équipe. Le bureau de l’Assemblée nationale serait convoqué, à cet effet, pour son traditionnel avis consultatif. Et selon toute vraisemblance, ce réaménagement devrait concerner trois ministères. Il s’agirait du ministère de l’économie et des finances, de celui de l’économie maritime et des infrastructures portuaires de Valentin Agossou Djènontin et d’un troisième dont nous n’avons pas encore le nom. Le réaménagement est donc technique puisqu’il touche trois des 26 ministères. Si on se rappelle que l’actuel gouvernement est en place depuis le 27 Mai, soit moins d’un an, on est en droit d’affirmer qu’il s’agit d’un remaniement prématuré, même si la formation d’un gouvernement fait partie du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’Etat. Il devait confirmer le départ du gouvernement du ministre de l’économie et des finances Adidjatou Mathys et l’arrivée d’un autre argentier national, le 5è du président Yayi depuis 2006.
Il s’agit là d’un réaménagement de trop qui va désorganiser la cohésion et l’efficacité du gouvernement. En effet, dans l’histoire de notre jeune démocratie, il y a eu cinq ministres des finances en quinze ans, de Soglo à Kérékou (1991-2006). On se rappelle bien que lors de son quinquennat, le président Soglo n’a eu que Paul Dossou comme ministre des finances. Kérékou, en dix ans, n’en a eu que quatre. Ce sont Moïse Mensah, Abdoulaye Bio Tchané, Rigobert Laourou et Cosme Sèhlin. En six ans, Yayi aura battu le record de ses prédécesseurs. Cette instabilité permanente au sommet de l’Etat n’est pas pour garantir l’efficacité attendue de ce gouvernement. Surtout à une période où d’énormes reformes sont engagées. Depuis la nuit des temps, les ministères stratégiques comme ceux de l’économie, des affaires étrangères… n’ont pas souvent connu le changement de leurs titulaires. Ceci pour des raisons de cohésion de l’équipe gouvernementale. Certainement, Boni Yayi n’a cure de tout ça. Et ce remaniement confirme que le gouvernement n’a pas de vision prospective et ne semble pas travailler sur la base d’un échéancier précis assorti d’objectifs et de missions précis.
Selon des indiscrétions, c’est le piétinement des réformes portuaires qui est à la base de ce remaniement. Un signal discret est aussi donné pour 2016. Au nom de faute grave commise, le remerciement apparaît bien plus politique que technique.