La Nouvelle Tribune

Réhabilitation de la ville d’Abomey

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Quatre milliards divisent la mairie et les Fcbe
Le gouvernement est en voie de débloquer une somme de 4 milliards pour la reconstruction de la ville d’Abomey. Mais, la mairie et des membres de Forces cauris pour un Bénin (Fcbe), originaires de la localité commencent déjà par se battre autour de la gestion de ces fonds.

La mairie d’Abomey dirigée par Blaise Ahanhanzo-Glèle et des ténors des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) se livrent la  guerre autour de la gestion des 4 milliards prévus par le gouvernement pour la reconstruction de la cité historique du Bénin. Aucun des deux camps ne manque d’arguments pour se défendre. Pour le conseil communal, le gouvernement doit mettre ces fonds à sa disposition au nom des principes de la décentralisation. A en croire certains militants de la Renaissance du Bénin (Rb), la mairie a un plan de développement à Abomey et nul n’a le droit de poser des actes sans passer par elle. Se fondant sur ces raisons, la mairie d’Abomey estime qu’elle est légalement placée pour gérer les 4 milliards. Par contre, les partisans du pouvoir en place pensent de leur côté le contraire. Tout d’abord, les Fcbe montrent que la décentralisation n’empêche pas le gouvernement de mener des actions sur le terrain. La construction des routes et autres infrastructures est également du domaine du gouvernement, selon leurs explications. C’est pourquoi, ils conseillent au président de la République, Boni Yayi, de créer comme à Porto-Novo une agence pour la réhabilitation de la ville d’Abomey. Faux rétorquent leurs contradicteurs qui pensent que l’expérience de Porto-Novo n’a rien apporté de concret.
Ensuite, la récupération politique des œuvres du pouvoir par la Rb fait peur aux partisans du chef de l’Etat. Pour justifier cette position, ils soulignent que le maire Ahanhanzo-Glèlè met souvent à son actif les réalisations du gouvernement à Abomey. Ils craignent donc que cette somme serve au financement de leurs adversaires politiques, surtout que les élections de 2011 sont dans moins de trois ans.  
Pendant que les politiciens se chamaillent autour de la gestion des 4 milliards, les populations elles vivent dans des conditions difficiles dans la cité historique, qui présente le visage d’un enfant malade. Les voies de communication sont dans un état de délabrement avancé. Aujourd’hui, Abomey est pratiquement à l’état nature. L’insalubrité, l’inexistence d’infrastructures industrielles et hôtelières et autres y sont frappantes.


Jules Yaovi MAOUSSI