La Nouvelle Tribune

Réaction contrastée au sein des syndicats et des enseignants

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Les menaces du chef de l’Etat d’infliger des sanctions aux enseignants  qui n’auront pas repris le chemin des classes au plus tard le lundi 19 mars prochain ont été accueillies de diverses manières dans le rang des  grévistes. Si certains syndicats ne démordent pas, d’autres se désolidarisent déjà du mouvement et invitent leurs   membres  à reprendre les cours.

Certains syndicats sont prêts à aller jusqu’au bout de la grève. D’autres ont décidé de reprendre le chemin de l’école. Après le Cosen-Bénin, le Synemp avant-hier, hier ce sont la coordination nationale dite des enseignants reversés et une autre organisation représentant les enseignants contractuels de la promotion 2007 qui ont appelé à la reprise des cours soit ce jour , soit demain vendredi. Ces réactions font suite à la décision du chef de l’Etat de radier les enseignants reversés, puis  de procéder à des défalcations sur salaires au niveau des autres. En effet, le mardi 13 mars, le chef de l’Etat tient une séance au palais de la présidence avec les maires, les préfets, le haut commandement militaire, les associations de parents d’élèves et les représentants des élèves. Cette rencontre vient après celle de lundi. Au cours de celle-ci Boni Yayi a convié à la salle du peuple du palais de la présidence les présidents des institutions de la république, les membres du gouvernement, les préfets, les maires, les autorités traditionnelles et religieuses, les associations de parents d’élèves, les responsables des centrales syndicales et confédérations syndicales les syndicats à divers niveaux du secteur éducatif pour une séance d’explication et de vérité sur la grève que connait les trois ordres enseignement maternel, primaire, secondaire général et technique.  A la rencontre de ce mardi donc, le chef de l’Etat a décidé de radier les reversés qui ne reprendront pas les activités pédagogiques. Et ce, à travers le retrait du décret portant leur reversement dans la fonction publique.

Entre jusqu’auboutisme et résignation

Face à cette menace du président de la république, deux camps se dégagent dans le rang des grévistes. Certaines organisations membres du haut Conseil syndical de l’éducation  rassurent et les enseignants  et rallient les reversés. Pour elles, il faut tenir bon et ne pas fléchir face à ce qu’ils qualifient de « chantage » du gouvernement. Elles sont suivies par une partie des grévistes. En face, d’autres syndicats et enseignants ont décidé de se désolidariser du mouvement pour reprendre le chemin de l’école.  Hier les porte-paroles des enseignants reversés puis contractuels ont par des déclarations lu sur des chaines de télévision de la place, invité leurs collègues à reprendre le chemin des classes.  Certains enseignants soutiennent cela et pensent qu’il faut donner le temps au gouvernement d’étudier leurs doléances. Avant-hier, c'est-à-dire, le mardi les cinq secrétaires généraux des syndicats affiliés Cadre de concertation du secteur de l’éducation (Cosen-Bénin), organisation membre du haut Conseil syndical de l’éducation Au sein du Haut conseil, « ont invité leurs militants et sympathisants à reprendre  dès jeudi 15 mars le chemin des classes en vue de sauver l’année scolaire », selon un confrère. Le Syndicat national des enseignants de la maternelle et du primaire (Synemp) en a fait de même.