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Banamè : Naissance d’un extrémisme religieux au Bénin

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Après avoir observé une accalmie de plusieurs mois, l’église de Banamè, ouvre comme à ses habitudes, une nouvelle saison de provocation et de violence. Cette fois-ci un détail inquiète : elle expérimente une milice qui, aux dires de son guide spirituel Parfaite, est chargée de protéger les fidèles et les églises.

Les images projetés par le petit écran ce lundi 09 janvier dans la soirée inquiètent plus d’un. Les forces de l’ordre présentent environ une trentaine de « bras valides » avec des armes à feu de fabrication artisanale, des munitions, des machettes, des sabres, des gourdins, des amulettes et des fanions et des banderoles de couleur rouge sur lesquelles on peut lire « Goji Balanu Daagbo ton ».

Les forces de l’ordre avaient, grâce à leurs renseignements, réussi à arrêter le véhicule 404 bâchée qui les transportait. Selon les explications, ce sont des guerriers de l’église de Banamè mobilisés pour aller faire la guerre aux populations de Djimè qui avaient violenté les fidèles de Parfaite la veille.

Lire Bénin: deux morts suite aux violents heurts entre fidèles de Banamè et population à Abomey

Pour rappel, le dimanche 08 janvier, des heurts avaient lieu à Djimè entre les habitants et les fidèles de Banamè. Les premiers reprochaient aux seconds d’avoir proféré des jurons et des blasphèmes contre la royauté d’Abomey, une fierté nationale. Des affrontements, plusieurs fidèles de Banamé avaient été blessés et des engins et voitures incinérés.

La tension était encore perceptible à Abomey et consorts. C’est donc en représailles à cela que les fidèles de Banamè ont organisé cette opération commando pour répliquer à l’attaque de la veille. Et tout laisse croire qu’ils sont en mission commandée pour Parfaite. Le discours tenu par Parfaite et relayée sur les réseaux sociaux incitent à la violence, à l’auto-défense. Trublion d’une arrogance rare, Parfaite avait appelé ses fidèles à se défendre dans un message audio passé en boucle sur les réseaux sociaux. « J’ai lancé le mot d’ordre de ne pas compter sur la police et la gendarmerie. Chacun n’a qu’à se défendre », a-t-elle affirmé. « Ce que j’ai dit, je le confirme. Si on agresse un Daagbovi, ils vont répliquer avec la dernière rigueur », continue –t-elle. Dans le même message, plusieurs corporations ont été vilipendées. En dehors des policiers et des gendarmes, elle s’en est violemment prise à la presse, à la justice, aux hauts gradés comme Nazaire Hounnonkpè. Les thèmes péjoratifs et des injures utilisés le montrent bien : malade, fou, imbécile, « soi disant policier »…Elle parle de légitime défense et ajoute que les « daagbovi » ont raison de se défendre.

Comme la Lra

Depuis sa création, l’église de Banamè s’est illustrée par la violence. A plusieurs reprises,  elle s’en est prise à des couvents et même aux fidèles d’autres religions comme l’église catholique romaine. Mais cette fois-ci, il s’agit simplement d’une incitation à la violence et d’une apologie de la violence. Parfaite ne s’est pas arrêtée là. Elle bafoue l’autorité de l’Etat et proclame la démission de l’Etat et de ses institutions comme la police, la gendarmerie qui ont démissionné. Son discours prône l’intolérance, la vengeance, la violence, le rejet des institutions et la diabolisation du vodoun : «  aucun pays qui s’adonne à la pratique du vodoun se s’est développé. C’est le vodoun qui va ruiner le pays ».  Tous les ingrédients d’un mouvement religieux extrémiste sont réunis avec