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Brouille Talon - Ajavon : Menace sur la cohésion gouvernementale, vers un remaniement

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L’annonce faite par Sébastien Ajavon de mettre fin à sa collaboration avec le régime de la rupture pourrait engendrer un remue-ménage au sein de l’équipe gouvernementale.

Une idylle de très courte durée. Redoutée par nombre d’observateurs et dans les salons feutrés de Cotonou tout juste au lendemain de la formation du 1er gouvernement de Talon, la rupture entre le chef de l’Etat béninois et Sébastien Ajavon est désormais effective. Arrivé 3ème à l’élection présidentielle de mars 2016, le « roi de la volaille » l’a annoncée dans les colonnes de nos confrères de Le Monde Afrique.(voir interview en page 5) « Je m’éloigne de la gestion du pouvoir. Je ne sais pas s’il faut appeler cela de l’opposition. Je me mets à l’écart », a-t-il affirmé dans une interview diffusée ce mardi 15 novembre. L’interview en question a été réalisée lors de son dernier séjour, en date à Paris. Cité dans une affaire de 18 kg de cocaïne retrouvés dans un conteneur destiné à sa société Cajaf-Comon, gardé à vue pendant sept jours, Sébastien Ajavon s’était envolé pour la capitale française au lendemain de sa relaxe par le juge « au bénéfice du doute ». Cette affaire de cocaïne, dans laquelle l’homme d’affaires soupçonne des mains invisibles de la présidence pour « l’humilier » est certainement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Son mécontentement date de bien longtemps. « Nous avons un accord formel et bien écrit qui n’a pas été respecté : nous devions obtenir le tiers des postes ministériels. Nous n’avons eu que trois petits ministères, qui sont gérés depuis la présidence. Pour moi, ce n’est pas une bonne collaboration », avoue-t-il après avoir il y a quelques mois démenti ce sentiment d’insatisfaction divulgué par certains médias dont La Nouvelle Tribune. Les ministres pro-Ajavon dans le gouvernement du « Nouveau Départ » sont ceux de l’Agriculture, Delphin Koudandé, l’enseignement secondaire, Lucien Kokou, et l’économie numérique Rafiatou Monrou.

Restera ou restera pas ?

La brouille entre Talon et Ajavon occasionne une atmosphère lourde et de méfiance au sein du gouvernement, notamment entre les ministres pro-Ajavon et les autres. Ce qui mettrait donc à mal la cohésion au sein de l’équipe gouvernementale. Surtout lorsqu'on sait que, l’accord politique qui fonde leur entrée au gouvernement vient d’être rompu. D’autant plus qu’à la question de savoir s’il veut la démission de ses ministres, le patron des patrons béninois répond qu’«Ils ne dépendent plus vraiment de moi. C’est à eux de savoir s’ilsdoivent démissionner ou pas. Je ne serai ni de près ni de loin mêlé à la gestion du pouvoir de M. Talon.» Désormais, plusieurs schémas sont envisageables. Primo, la démission des ministres pro-Ajavon de leur propre chef. Secundo, leur remerciement par Patrice Talon pour acter à son tour la rupture avec son désormais ex-partenaire politique. Dans ces cas de figure, le Président de la république sera obligé de remanier son gouvernement. Tertio, le Président Talon peut, de façon stratégique maintenir au gouvernement ces trois ministres pro-Ajavon. Et ce, soit dans l’espoir d’une éventuelle normalisation des relations avec Ajavon ; soit pour débaucher les trois personnalités en question