La Nouvelle Tribune

Dossier Révision de la Constitution : 5 organisations s’unissent pour combattre toute révision opportuniste de la constitution

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(5 organisat​ions s’unissent pour combattre toute révision opportuniste de la constitution) Les différents fronts créés pour barrer la route à toute «révision opportuniste» de la constitution béninoise du 11 décembre 1990 étaient en conclave ce jeudi 19 avril 2012 au centre Paul VI de Cotonou. Au menu, la fédération de leur énergie pour être plus efficace dans la lutte. Des représentants et membres du Front pour la sauvegarde des acquis de la démocratie, du groupe Sursaut patriotique, du Réseau ouest-africain pour la sauvegarde de la paix (Wanep) et du front parlementaire contre la révision opportuniste de la constitution étaient en séance d’échanges et de réflexion hier au Centre Paul VI de Cotonou. 

Ces différents creusets luttent contre la révision « opportuniste » de la constitution depuis que le projet de révision de la loi fondamentale a été lancé avec un processus jugé « unilatéral » et « confus». Ils se sont retrouvés hier, sur l’initiative du Front pour la sauvegarde des acquis de la démocratie, dirigé par Antoine Détchénou. L’objectif, selon Détchénou, est que tous ceux qui sont dans différents fronts se concertent pour voir ce qu’ils peuvent faire ensemble. Il fait remarquer que pour donner sens à « notre combat », il faut que « nous sachions éviter quelques écueils ». Comme écueils, il cite «la cacophonie des idées et des ambitions». Pour lui,  il faut lutter contre « nos démons » favoris que sont l’orgueil, la vanité et la course au leadership. Il exhorte ses compagnons de lutte en ces termes: « Nous nous sommes réunis pour donc voir comment, ensemble, chacun avec le charisme qui lui est propre, nous pouvons nous organiser pour plus d’efficacité».


Après plus d’une heure d’échanges, la rencontre a accouché d’un projet, partagé par tous les participants, de regroupement de tous les fronts anti-révision opportuniste dans un vaste creuset. Pour le concrétiser, un comité constitué de deux membres de chaque groupe a été mis sur pied. Ce comité a pour mission de déterminer la formule adéquate que devra prendre l’organisation en vue et d’élaborer une feuille de route à suivre.

Au cœur du débat

La décision qui a sanctionné la réunion a été précédée des échanges et l’avis des représentants des différents mouvements conviés. C’est pas un discours captivant, motivant, plein de symboles et de sens que Antoine Détchénou a planté le décor. Pour lui, il faut s’organiser pour « barrer définitivement la route à toute tentative de révision opportuniste de notre constitution… » mais également pour exiger « l’audit et la correction de la Lépi.» Soutenant l’initiative, Janvier Yahouédéhou, président de Sursaut patriotique affirme que « c’est une importante concertation. Car l’heure est grave et notre pays est en danger.» « Notre combat est le votre, ajoute-t-il, et nous sommes prêt à œuvrer à vos coté quelque soit la forme pour que la dictature ne prenne pas le contrôle au Bénin.» Julien Oussou, coordonnateur national de Wanep-Bénin  abonde dans le même sens. « On n’avait eu peur de cette atmosphère dormante sur la question. Il faut que le débat soit fait de façon inclusive. Wanep dit tout son soutien et son engagement à oeuvrer avec les autres fronts.» Sacca Fikara, député de l’Union fait la nation et membre du front des parlementaires contre la révision de la constitution rassure : « aujourd’hui, le nombre de députés qui membres du Front des parlementaire anti-révision dépasse largement la minorité exigé pour bloquer le vote de la loi.» Il défi le président de la république : « Il y a plusieurs  députés de la mouvance qui ont rejoint notre front. S’il veut qu’il fasse revenir la loi, il n’y a pas 20 ou 30 personnes qui vont voter pour. Elle sera rejeté par la majorité.» Issa Salifou, un autre député membre du front des parlementaires renchérit en disant que c’est plus qu’une évidence que les différents  mouvements se mettent ensemble pour plus d’efficacité. Il déduit, tout comme Yahouédéhou, qu’il faut donc y aller très vite car le temps presse.

« On ne refonde pas un pays en brouillant une Constitution »,dixit Détchénou

«Ne l’oublions pas. On ne refonde pas un pays à coup de décret et en brouillant une constitution. La création échappe à toute décision de quelque pouvoir que ce soit. La loi par laquelle la culture d’un peuple se recrée et se renouvelle est une loi de fidélité, fidélité à des valeurs qui constituent la substance même du Peuple. Non! Un pouvoir corrompu, qui a bouleversé et  anéanti toutes nos valeurs pour y installer des contre-valeurs destructrices de tout le tissu social, ne peut prétendre refonder le pays. Nous devons nous dresser contre cette supercherie dont la réforme constitutionnelle proposée n’est qu’une illustration.»
Léonce Gamaï