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Toute administration publique est, par principe, obligatoirement politisée. (25-10-2009)
 

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Dans les dernières recommandations du Ministre Koukpaki sur les raisons possibles de la contre performance économique de notre pays, il a été soulevé le problème de la politisation de notre administration publique. A mon sens la politisation d’une administration est inévitable, si on considère la problématique sous l’angle idéologique.

En effet, la quasi-totalité des acteurs de toutes les administrations du monde s’identifient à une « pensée » politique donnée.

Comme aux Etats Unis (avec les Démocrates et les Républicains), au Canada (avec les Conservateurs et les Libéraux), en France et en Grande Bretagne (avec la bipolarisation Gauche – Droite), au Ghana (avec le « National Democratic Congress » et le « New Patriotic Party » principalement), la politisation de l’administration n’est donc pas un mal en elle - même.

Dans le cas (presque atypique) de notre administration béninoise, la politisation ne devrait pas surprendre ou inquiéter, quand on part du principe qu’avec plus de cent partis politiques régulièrement enregistrés pour une population de neuf millions d’âmes environ, le Bénin apparaît comme le pays le plus politisé au monde.

Ce qui devrait inquiéter, et je pense (et souhaite) que cela est le sens de la sonnette d’alarme tirée par le ministre Koukpaki, c’est le syndrome de la politisation à sens unique, ou d’épuration politique de l’administration publique béninoise.

En effet, avec son statut de principal pourvoyeur d’emplois dans l’économie béninoise, une politisation à sens unique entrainerait obligatoirement des sentiments d’exclusion et de favoritisme, qui justifient d’une part sur le plan idéologique, l’instabilité et la transhumance politiques, et d’autre part au sein de l’administration elle-même l’épuration politique sus citée gage de la mauvaise performance du service public.

En poussant plus loin la réflexion sur l’administration béninoise, au-delà de sa politisation, il est aussi à craindre son ethnicisation. La vie politique fortement impactée par le vote majoritairement ethnique, tend à s’enraciner au sein de notre administration.

L’administration béninoise doit donc craindre la double menace d’une politique d’épuration politique et de promotion par ethnicisation. Le principe de la continuité de l’administration, dont le socle est le fonctionnaire, se verra fortement condamné à un éternel recommencement, si des mesures adéquates et durables ne sont pas prises pour réduire l’influence première de l’appartenance politique ou ethnique, dans l’accession ou la promotion au sein de la fonction publique béninoise.


Autant il est indécent de s’interroger sur l’appartenance ethnique et politique d’un cadre, autant des situations comme celles de ce ministre-délégué de la République béninoise depuis Octobre 2008, dont le Cv diffusé sur le Net, marque (de manière spontanée ou commandée ?) ses appartenances ethnique et religieuse, et son militantisme politique, doivent être découragées.

Puisque la photographie politique du Bénin, rend réaliste quand à la politisation obligatoire de son administration, qui n’est pas en soi néfaste, la batterie de remèdes, pour ne serait ce que réduire la subjectivité de la mission de service public à elle assignée, doit prendre en compte des mesures personnelles quant à ses principaux acteurs (les fonctionnaires), et une mesure que j’appellerais plus générale liée au quasi monopole de l’administration en tant que pourvoyeur d’emplois.

Concernant les fonctionnaires, il serait juste et rémunérateur que leur accession et leur évolution au sein de la fonction publique, ne soit pas l’apanage exclusif de l’humeur d’un décideur politique et de raisons subjectives. Nous avons l’habitude que les concours d’entrée à la fonction publique soient soupçonnés de favoritisme et de partialité et parfois même de choix pré effectués.

Dans un pas où l’Etat est le principal pourvoyeur d’emplois, une attention plus sérieuse doit être portée au recrutement des futurs fonctionnaires, tant par le développement des méthodes (sérieuses) anonymes de recrutement, que le recours à des acteurs extérieurs et contrôlés à postériori pour organiser les dits concours.
Un système obligatoire de quotas (tant de recrutement que d’affectation) par départements devra être respecté pour veiller à un équilibre départemental.
L’accession des candidats aux résultats individuels, et les recours subséquents, devront également être instaurés ou renforcés dans leur application.

Pour l’évolution des fonctionnaires, en empruntant des mesures appliquées à la GPEC (Gestion Prévisionnelle d’Emplois et Compétences), un cadre juridique devra être négocié avec les partenaires sociaux pour assurer aux fonctionnaires une juste évolution.

A cet effet, on pourra prévoir qu’un cadre, en dehors de toute mesure disciplinaire, ne puisse être l’objet d’une politique de « mise au placard » ou de mutation injustifiée au regard des besoins de l’administration, et ceci par le développement des « Recours pour excès de pouvoir » contre la hiérarchie, et la création, le renforcement des pouvoirs d’un véritable  ordre juridictionnel administratif.

Une meilleure et juste protection du fonctionnaire dans l’accomplissement de sa mission de service public, ne pourra que renforcer (souhaitons le) son sentiment et son devoir d’impartialité, et réduire celui de redevance à un supérieur hiérarchique.

La mesure charnière à mon sens serait l’émergence d’un véritable secteur privé, véritable créateur de richesses et de valeur ajoutée économiques.
Le monopole de l’Etat en matière de création d’emploi est illusoire et ne peut perdurer, quand on est conscient que l’Etat ne peut y répondre à lui seul de manière efficiente et optimale.

A ce niveau tant les pouvoirs publics, que l’initiative privée sont interpellés.

Les pouvoirs publics ont le devoir de favoriser le développement de l’initiative et du secteur privés par des règlementations propices à un entreprenariat réussi.
Les efforts entrepris pour nous doter d’un Code des investissements doivent être poursuivis dans le sens d’une meilleure adaptation de cet instrument tant à la Petite et Moyenne, qu’à la Micro Entreprise pour graduellement intégrer le secteur informel qu’elle concerne particulièrement.

L’effort doit être poursuivi au niveau des filières d’enseignement universitaire public de manière à innover et introduire des formations du secteur tertiaire plus propices à l’auto entreprenariat, au-delà des formations généralistes qui destinent en majorité à une carrière au sein de l’administration publique.

La résultante de ces mesures non exhaustives devra être un intérêt plus grand des futurs diplômés au secteur privé et de l’auto entreprenariat.
Le réflexe premier de tout jeune diplômé (ou même professionnel confirmé) devra être, non pas de se projeter uniquement dans une fonction publique, mais de privilégier une insertion dans le privé, seul secteur capable de mener une impulsion de développement de l’économie.

En conclusion, le rapport Koukpaki sur son aspect politisation de l’administration, ne devrait surprendre aucun observateur de la vie administrative et politique béninoise, mais aura le mérite d’attirer nos attentions respectives d’une politisation à sens unique de l’administration, de la crainte d’une épuration politique, et nous interpeler sur la nécessité de développer un secteur privé performant, de nature à offrir un cadre d’évolution comparable, sinon meilleur, à celui de la fonction publique de manière à réduire l’influence de cette dernière dans la vie sociale et politique des populations.

Nourou-Dine SAKA SALEY
Juriste financier.


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Commentaires des internautes  
 

 

8 / 8 com.

jqjsj 27-10-2009 13:10

Il suffit de voir la réaction du mégalomane: " notre administration est-elle politisée?" 
 
Yayi prend les béninois pour des enfants de coeur comme babgbeto ou guidibi. il politise tout, nomme ses petits ouailles, ces tchabès DRFM depuis la présidence et vien s'en étonner; Yayi change-nous la lame.

 

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Maxxxxxxxxxx (Bruxelles) 27-10-2009 23:20

Cette analyse présente trop de généralités et part dans tous les sens si bien qu'on a du mal à suivre le substrat réel! Article ennuyeux et trop long ! 
 
Il eût été pertinent pour le lecteur lambda de pointer d'abord du doigt les principaux points du rapport Koukpaki, ensuite poser le diagnostic et formuler en dernière analyse des recommandations. 
Voilà pour la forme du travail. 
 
1-Concernant le substrat, la question des quotas par départements est contraire aux principes d'indivisibilité et d'égalité de notre administration et à la longue, entrainera une administration béninoise à deux vitesses. Ainsi, selon que l'on vienne de Kétou ou de Cotonou , on risquerait de ne plus avoir les mêmes prestations de service mais plutôt en fonction de l'importance économique des régions ou départements. 
 
2-Aux Etats-unis ? le fédéral ou le local? car le spoil system concerne plus le fédéral. 
 
3-L'argument selon lequel la politisation du Benin s'expliquerait par le fait de disposer de plus de 100 partis politiques n'est pas fondé : 
un pays comme la Belgique (-30 partis) dispose d'un Etat beaucoup plus politisé que le nôtre par la configuration politique qui admet des coalitions pour gouverner d'une part et par la proportionnelle qui favorise la montée de petits partis vers les pouvoirs exécutif et législatif. 
 
4-Au Bénin, notre faible arsenal juridique permet à n'importe quel quidam de créer un parti politique souvent sans existence factuelle, le tri s'opère par les élections

 

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Limpide 28-10-2009 07:47

Cher Max, 
Pour moi, l'article est clair dans la mesure où il met le doigt sur le problème de la politisation en circonscrivant sa déclinaison dans le contexte local qu'est le nôtre. 
Le rapport koukpaki n'a pas ajouté un mot ou expliqué ce qu'elle entend ou comprend par politisation de l'administration. 
Pour moi sur le concept le présent article est déjà plus explicite. 
Concernant les mesures, même si elles sont restées générales, l'article a le mérite d'en avoir énuméré les grandes lignes, quitte aux pouvoirs publics d'en apprécier la pertinence et la faisabilité. 
Pour moi les mesures proposées méritent d' être étudiées et approfondies. 
Pour le système de quotas, moi je ne l'ai pas compris sous l'angle de la départementalisation au niveau de la prestation de service public en direction des usagers, mais plutôt du recrutement et de l'affectation des nouveaux fonctionnaires. 
 
Pour une réflexion venant d'un non fonctionnaire, moi je décerne un 7/10 à Mr Saka Saley pour les explications et les essais de solution. 
L'objet de l'article est d'ouvrir la réflexion sur la question afin que chacun apporte sa pierre. L'article constitue une avancée par rappport à la simple annonce faite par le ministre. 
Nous attendons donc cher Max, votre pierre de manière moins longue et ennuyeuse comme vous dites et avec des propositions ciblées et détaillées.

 

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Juriste 28-10-2009 09:31

Cher Max de "Belgique", 
 
Vous êtes bien naïfs(sans injure) de croire qu'au détour d'un article de presse: 
1- un sujet comme la politisation de l'administration peut être évacué 
2- j'exposerais toutes mes préconisations de manière détaillée... 
 
Le sujet de la politisation de l'administration peut faire l'objet d'un pan entier du programme de gouvernement d'un Etat, tellement il a des origines multiples et ne peut être attaqué par une seule voie. 
 
Exposer le rapport Koukpaki ? 
Dans quel but? celui de faire de la redite ? 
 
L'article a été voulu tel quel et centré sur le thème de la politisation de l'administration. Le lecteur lambda peut prendre connaissance du rapport tout entier (et je vous y invite parce qu'apparemment vous ne l'avez pas fait) dans les colonnes de la presse. 
 
Par ailleurs, il serait prétentieux de vouloir cerner tous les contours du débat à travers un "article de presse". C'est un sujet qui mérite des colloques et des débats de réflexion, à moins que vous ayiez la potion magique pour le faire de manière "pas longue et pas ennuyeuse" à travers la presse. 
 
Sur ce plan je vous attends avec impatience à travers un article qui aura le mérite de nous donner la réponse au problème de la politisation de notre administration. 
 
Conscient de ne pas avoir l'apanage du savoir à moi seul, c'est avec joie que j'ai accueilli les manifestations de volonté des compatriotes et même étrangers, après lecture de cet article, me proposant de poursuivre la réflexion

 

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Observateur impartial 28-10-2009 11:37

Félicitations Mr SAKA SALEY pour votre effort de réflexion. 
C'est avec un grand intérêt que, moi, je parcours vos écrits successifs. 
Ne relâchez pas cet effort continu de vous intéresser à votre pays et de nous faire profiter de votre science de manière purement gratuite. 
Cela aura le mérite d'éveiller les attentions et de servir d'exemple à la jeune relève. 
 
A l'endroit de Mr Max de Bruxelles, je dirai qu'il ferait bien de prendre exemple sur des personnes comme l'auteur, plutôt que de verser dans les critiques démagogiques et sans grande valeur ajoutée, dignes des "intellectuels tarés" du grand camarade de lutte. 
 
Qu'apporte en concret votre intervention de plus que cet article de l'auteur ? 
 
Nous vous lançons donc le défi de venir nous apporter votre expertise au delà de celle de l'auteur. 
 
Il est très facile de se servir de l'anonymat pour critiquer les efforts de réflexion bénévoles des autres. 
 
Tous mes encouragements Mr SAKA SALEY, le pays a besoin de jeunes comme vous, car nous nous avons péché en ne donnant pas le bon exemple des débats scientifiques.

 

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Max de Bruxelles. 28-10-2009 15:23

Ce débat est digne de la Cour du roi pétaud ! 
Observateur impartial de qui ? de quoi ?  
Nous parlons de question de fond sur notre administration et n'avons aucune espèce de leçon de patriotisme à recevoir de ces ayatollahs de la pensée unique. Béninois ,nous sommes et béninois nous démeurons.Que nenni !! 
Il n'est en aucun cas question d'anonymat pour se répandre en injure sur qui que ce soit. Et si tel était le cas, je pense que mon post aurait été supprimé. L'échange se doit d'être courtois et porter uniquement sur le substrat et non sur des attaques ad hominem. "Si nous pensons tous la même chose, c'est que nous ne pensons plus rien". A méditer...

 

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Juriste 28-10-2009 16:20

De "très belles" envolées lyriques Max de Bruxelles... 
Quid de leur valeur ajoutée comme le dit "Observateur impartial" 
 
J'ai publié mon opinion, et espère n'avoir pas abruti ou ennuyé les centaines de lecteurs si j'en crois le prompteur du e-journal. 
 
Sauvez nous alors du poison que j'ai publié. 
 
C'est tout et uniquement ce que j'attends de vous. 
 
Je veux apprendre de mes erreurs à travers votre expertise. 
 
Merci par avance.

 

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Azogan 28-10-2009 16:24

M. Max de Bruxelles ne vous énervez pas, vous avez fait un commentaire technique sur l'article auquel Juriste nous a fait le plaisir de donner des clarifications. Si son commentaire ne va pas dans le même sens que le vôtre, merci de relever les points concernant le post de ce dernier qui nous difiera. Néanmoins, merci de lire j'insiste là dessus svp le rapport déposé par la ministre KOUKPAKI et de revoir votre position par rapport à l'article si besoin est. Nous le faire partager serait tout à votre honneur.

 

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