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L’interpellation par l’Assemblée nationale du Chef de l’Etat, n’est pas anticonstitutionnelle. (05-06-2009)
 

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Suites aux propos attentatoires aux libertés d’association et publiques, prononcés par Nicaise Fagnon, Ministre délégué auprès du Président de la République, des députés ont interpelé le Chef du Gouvernement afin qu’il réponde des propos du membre de son Gouvernement.



Contre toute attente, il a été abondamment relayé par presses interposées que cette interpellation, possibilité offerte par l’Article 71 de la loi fondamentale béninoise, est anticonstitutionnelle.
En effet au terme de cet article, la Constitution laisse l’Assemblée nationale libre d’interpeller à son choix le Président de la République ou tout membre du gouvernement.
Tout en réfutant d’entrée l’inconstitutionnalité de cette interpellation, nous allons, nous attacher à préciser les justifications, qui selon nous appellent à une interpellation personnelle du Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, béninois.

1- Une interpellation justifiée par les dispositions constitutionnelles.

Comme précédemment évoqué, l’Article 71 de la Constitution béninoise laisse le choix aux parlementaires d’interpeller le Chef du Gouvernement ou tout membre du Gouvernement (dans cet ordre précis) dans l’exercice de ses fonctions gouvernementales.
On est tenté de trouver une normalité dans ce choix et dans la volonté de l’Assemblée nationale d’entendre le Chef de l’Etat en priorité.
En effet, tant le Chef du gouvernement, que les députés tiennent leur légitimité du suffrage universel direct, puisqu’ayant été élus par le peuple. Il est donc normal que le peuple par la voix de ses représentants au Parlement, puisse entendre leur mandataire au niveau exécutif qu’est le Chef de l’Etat.
Au surplus, le ministre quelque rang qu’il occupe au sein de l’appareil gouvernemental ne détient sa « légitimité » qu’à la faveur d’une décision administrative prise par l’émissaire du peuple au niveau de l’exécutif qu’est le Chef de l’Etat.
L’alinéa 4 de l’Article 54 de la Constitution béninoise dispose expressément que les membres du gouvernement sont responsables devant le Président de la République, Chef du Gouvernement. Cette exclusivité de responsabilité des membres du gouvernement renforce d’autant plus la responsabilité corollaire de cette même autorité, qui demeure seul détenteur officiel de la décision de faire de la personne de son choix un membre du Gouvernement ou non.

2- Une interpellation justifiée par la spécificité du ministère concerné.

Il apparaît dans l’organigramme du gouvernement d’Octobre 2008 que Nicaise Fagnon est ministre délégué auprès du Président de la République, des Transports terrestres, des transports aériens et des travaux publics.
L’adjonction volontaire du titre « délégué » à la fonction ministérielle, place le ministre, y compris dans l’esprit du décret, sous l’autorité directe du Président de la République.
L’accès d’un ministre délégué n’est en principe pas de droit en Conseil des ministres. Le décret portant attribution dudit ministère doit le préciser, sinon par défaut, le ministre délégué n’intervient au Conseil que pour les dossiers concernant son département.
Il ressort donc de cet état, que les qualités et fonction de Ministre de Nicaise Fagnon demeurent liées à celle du Président de la République qui est de droit son autorité référente.

3- Une interpellation justifiée par le pur bon sens.

Dans toute société humaine, la responsabilité du Chef, devrait se présumer quant aux agissements des hommes qu’il a sous ses ordres et dont il a assuré la présence à ses côtés en fonction de la confiance en eux placée.
Faisant appel au concept juridique du comportement « en bon père de famille », l’interpellation du Chef de l’Etat ne devrait donc pas choquer et devrait même être considérée comme étant un acte républicain participant du bon fonctionnement des institutions et donc de la démocratie, contrairement au mutisme du gouvernement à ce propos (en respect de la solidarité gouvernementale, nous présumons), puisqu’il est en fait représentant personnel du citoyen béninois qui en a fait le Chef de son exécutif, lui attribuant ainsi le pouvoir de présider aux destinées des béninois en s’entourant de l’équipe qu’il estime apte à l’aider à sa mission républicaine héritée de son peuple.
Il demeure donc le garant de nos intérêts communs, à l’exclusion des intérêts isolés de ses partisans et proches si l’on en croit les liens familiaux d’avec son ministre délégué que lui attribue le Numéro 564, de la Lettre du Continent, journal international en date du 14 mai 2009, faisant allusion aux accusations de malversations portant sur le désormais ministre concerné, lors de son séjour à la tête de la SONAPRA.
La responsabilité du Chef de l’Etat est donc plus accentuée dans ce cas, dans le sens qu’en tant que Chef du Gouvernement(les titres n’étant ni superflus, ni décoratoires), il a le devoir de discipliner les membres de son gouvernement qui, rappelons-le demeurent exclusivement « responsables » devant lui.
En conclusion, le dicton « Aux grands pouvoirs, les grandes responsabilités » est plus que jamais approprié en ce sens où l’infinie liberté de choix du Président, Chef du gouvernement, concernant la composition de son gouvernement (l’avis du seul bureau de l’Assemblée n’étant que consultatif) renforce sa responsabilité quant à leurs actes publics une fois qu’ils portent le sceau de membre du gouvernement.
Il est inutile de rappeler, qu’au-delà de la conscience personnelle de Nicaise Fagnon de se considérer en tout temps et tout lieu comme membre du gouvernement, il demeure à cette date ministre en exercice. Tous les actes publics qu’il pose donc devront donc être mesurés et adaptés à sa fonction ministérielle, et ce d’autant plus qu’il était «politiquement inconnu» sur le plan national avant sa nomination à la direction générale de la Sonapra et ensuite à la tête du ministère délégué aux transports.
On ne peut non plus le classer dans la catégorie des « hommes politiques, représentants de la cité » car à notre sens, ne méritent ce titre que les personnes qui ont fait l’expérience d’un suffrage universel direct et qui ont à cœur le respect de certaines valeurs démocratiques.
Il demeure un homme « nommé à une fonction politique » et non pas un homme politique.
Il serait incongru de faire croire au citoyen béninois que le ministre en tenant des propos à Dassa-Zoumè, ne se sentait pas ministre de la République à ce moment là. Personne ne peut juger ou préjuger du contraire.
C’est l’occasion de regretter notre sœur et amazone de la société civile dont l’entrée au gouvernement, nous plonge dans une sensation d’orphelinat, tant les sorties légendaires de la société civile semblent désormais handicapées par son absence. L’élan citoyen et national devrait réveiller non pas seulement les hommes politiques mais aussi tous les béninois jaloux de la démocratie et de la pluralité d’opinion en terre béninoise.
Une pétition électronique appelant au limogeage (puisque la démission ne semble pas être de ses principes et résolutions personnels) du ministre fautif, marquant le refus du peuple béninois de voir ses fils divisés, par les propos d’un « homme nommé à une fonction politique », suit son cours et a notamment enregistré des avals comme ceux du Doyen Olympe Bhêly Quenum, et Mr Sébastien Azondékon, en plus des béninois de tous ordres réaffirmant ainsi la suprématie de la solidarité citoyenne et nationale sur toute solidarité gouvernementale ou de quelque autre ordre que ce soit.

Nourou Dine SAKA SALEY


version (05-06-2009) dans la catégorie opinion



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Commentaires des internautes  
 

 

14 / 14 com.

SFR 05-06-2009 07:22

Cher webmaster, 
Vous avez omis de préciser l'auteur de l'opinion. Il en va de la crédibilité de l'article. 
Merci de nous préciser son auteur

 

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Les faits 05-06-2009 08:15

Article très bien écrit, en effet. d'un niveau assez élevé. On ne peut qu'apprécier. Mais je rejoins SFR pour dire que c'est ABSOLUMENT indispensable qu'il soit fait mention de son auteur. Je vous remercie.

 

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L'auteur 05-06-2009 08:37

Très bel article en effet ! 
Vous trouverez le nom de l'auteur ici : 
https://sites.google.com/site/abt2011/dans-la- press/l%E2%80%99interpellationparl%E2%80% 99assembleenationaleduchefdel%E2%80% 99etatchefdugouvernementn%E2%80% 99estpasanticonstitutionnelle 
Cordialement !

 

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la rédaction 05-06-2009 08:48

Le nom de l'auteur vient d'être rajouté.  
Merci pour la remarque

 

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SFR 05-06-2009 08:54

J'ai reçu le même article par divers canaux et l'auteur n'est pas celui qui est mentionné ici.  
Il s'agit de Mr Nourou Dine SAKA SALEY, un juriste
Nous vous prions de rétablir la vérité sur l'auteur. 
Merci.

 

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L'auteur... 05-06-2009 08:55

Je crois qu'il faudrait par honnêteté intellectuelle, rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu, ce qui lui revient. 
 
Le VERITABLE Auteur de cet article est sur ce site :  
Link Text 
 
Merci de rectifier. Il en va de la crédibilité, non seulement de l'article, mais aussi du site. 
 
Et je tiens à préciser que je ne suis pas l'Auteur ;-) 
 
Cordialement !

 

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la rédaction 05-06-2009 09:01

notre webmaster s'est trompé d'article. Le véritable auteur est bien Nourou Dine SAKA SALEY. 
Merci à vous

 

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L'Auteur 05-06-2009 09:06

Merci au Webmaster ! 
"https://sites.google.com/site/abt2011"

 

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Le mouton 06-06-2009 13:19

Monsieur le politicien, vous ne dormez pas à 5h50 du matin ? Respect pour cet article ;)

 

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gounoun 08-06-2009 10:36

La qualité et la logique de l'argumentation de Mr SAKA SALEY forcent l'admiration.Je crois que ce genre d'initiatives doit être régulière à l'hémicycle car, les députés semblent l'oublier souvent, l'une de leurs prérogatives constitutionnelles est le contrôle de l'action gouvernementale.

 

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Le bâton 08-06-2009 11:15

Où se cachent donc toutes ces jeunes têtes pendant que nos spécialistes du droit constitutionnel prennent des décisions fantaisistes à la Cour ? 
 
Le Bénin a réllement de la matière grise comme cela se dit partout. 
 
Bravo à toi(je me permets de te tutoyer) cher compatriote juriste .

 

» Signalez le post

Admiratif 08-06-2009 11:22

Je suis les interventions régulières de ce juriste dans la presse locale et ai récemment été témoin d'une séance de travail sur ses écrits tenus par des personnalités politiques. 
 
Comme quoi on peut en apprendre des plus jeunes que soi. 
 
Monsieur Saka Saley, vous avez de l'avenir et pas que dans votre domaine de spécialité.

 

» Signalez le post

alf2chod 10-06-2009 16:52

Je voudrais féliciter nos députés pour l’intérêt qu’ils affichent de plus en plus pour les préoccupations des populations en interpellant le Gouvernement sur des questions sensibles telles que la gestion de la SONAPRA, les propos liberticides du Ministre du Transport et des Travaux Publics et la chute de la production cotonnière. 
 
C’est seulement de cette façon que notre démocratie peut être au service du mieux-être des populations. L’Assemblée Nationale doit utiliser le plus régulièrement possible ses prérogatives quant au contrôle de l’action gouvernementale.

 

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Juriste 26-11-2009 11:37

Recours contre l’interpellation du chef de l’Etat : 
 
Gbadamassi débouté par la Cour Constitutionnelle 
26 novembre 2009 par La Presse du Jour  
 
Par une décision en date du 19 Novembre 2009, la Cour Constitutionnelle a débouté le député Rachidi Gbadamassi au sujet de l’inconstitutionnalité de l’interpellation du président de la République qu’il a soulevée contre ses collègues de l’Alliance «Union fait la Nation». Avec cette décision, il revient donc à l’honorable Rachidi Gbadamassi de tirer les leçons de son agitation. 
Me Houngbédji et ses collègues députés de l’Alliance «Union fait la Nation» sont bel et bien fondés à interpeller le Chef de l’Etat au sujet des dérives verbales anticonstitutionnelles de son ministre Fagnon Nicaise. C’est du moins le verdict rendu le 19 novembre dernier par la Cour Constitutionnelle. La décision a été portée à l’attention des députés le mardi 24 novembre 2009 en séance plénière. Les sages de la Cour Constitutionnelle ont, après examen du recours à eux adressé par l’honorable Gbadamassi, montré que les propos tenus par le ministre Nicaise Fagnon sont dangereux et graves pour la démocratie béninoise et la cohésion nationale, comme l’ont estimé les députés de l’Alliance «Union fait la Nation». Ils ont par ailleurs trouvé juste la démarche de la classe politique. 
 
Tobi Ahlonsou 
 
http://www.lapressedujour.net/?p=3609

 

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